Du temps d*Honoric [ou Huneric]. (M
. Histoire byzantine, dans V Extrait des ambassades, (H.)
armées que Genséric tenaient toujours prêtes, avec lesquelles il prévenoit ses ennemis, et étonnoit tout le monde par la facilité de ses entreprises.
La cavalerie des Romains^ étoit très-exercée à tirer de l'arc; mais celle des Goths et des Vandales ne se servoit que de l'épée et de la lance, et ne pouvoit combattre de loin ' : c'est à cette différence que Bélisaire attribuoit une partie de ses succès'.
Les Romains (surtout sous Justinien) tirèrent de grands services des Huns, peuples dont étoient sortis les Parthes, et qui combattoient comme eux. Depuis qu'ils eurent perdu leur puissance par la défaite d'Attila, et les divisions que le grand nombre de ses enfants fit naître, ils servirent les Romains en qualité d'auxiliaires, et ils formèrent leur meilleure cavalerie*.
Toutes ces nations barbares se distinguoient chacune par leur manière particulière de combattre et de s'armer ^ Les Gotbs et les Vandales étoient redoutables l'épée à la main ; les Huns étoient des archers admirables ; les Suèves de bons hommes d'infanterie; les Alains étoient pesamment armés; et les Hérules étoient une troupe légère. Les Romains prenoient dans toutes ces nations les divers corps de troupes qui convenoient à leurs desseins, et combat-
1. A. La» cavalerie dos RomaÎQs, et dos Huns leurs auxiliaires, etc.
2. Voyei Procope, Guêtrê des Vandales, \\v. I, et le même auteur. Guerre des Goths, liv. I. Les archers goths étoient à pied; ils étoient peu instruits. (M.)
3. A. Les Romains, ayant laissé aflbiblir leur infanterie, mirent toute leur force dans leur cavalerie, d*autant mieux qu*il falloit qu*ils se portassent promptement de tous côtés pour arrêter les incursions des Barbares.
A, Ce paragraphe et le suivant sont en note dans A.
5. Un passage remarquable de Jornandës nous donne toutes ces différences ; c'est à l 'occasion de la bataille que les Gépides donnèrent aux enfante d'Attila. (M.)
toient contre une seule avec les avantages de toutes les autres.
Il est singulier que les nations les plus foibles suent été celles qui firent de plus grands établissements. On se tromperoit beaucoup si l'on jugeoit de leui*s forces par leurs conquêtes. Dans cette longue suite d'incursions, les peuples barbares, ou plutôt les essaims sortis d'eux, détruisoient ou étoient détruits ; tout dépendoit des circonstances : et, pendant qu'une grande nation étoit combattue ou arrêtée, une troupe d'aventuriers qui trouvoient un pays ouvert, y faisoient des ravages effroyables. Les Goths que le désavantage de leurs armes fit fuir devant tant de nations, s'établirent en Italie, en Gaule et en Espagne ; les Vandales, quittant l'Espagne par foiblesse, passèrent en Afrique où ils fondèrent un grand empire ^
Justinien ne put équiper contre les Vandales que cinquante vaisseaux; et, quand Bélisaire débarqua, il n'avoit que cinq mille soldats'. G' étoit une entreprise bien hardie ; et Léon, qui avoit autrefois envoyé contre eux une flotte composée de tous les vaisseaux de l'Orient, sur laquelle il avoit cent mille hommes, n'avoit pas conquis l'Afrique, et avoit pensé perdre l'empire.
Ces grandes flottes, non plus que les grandes armées de terre, n'ont guère jamais réussi. Comme elles épuisent un État, si l'expédition est longue, ou que quelque malheur leur arrive, elles ne peuvent être secourues ni réparées ; si une partie se perd, ce qui reste n'est rien, parce que les vaisseaux de guerre, ceux de transport, la cavalerie, l'infanterie, les munitions, enfin les diverses parties,