‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 49 sur 217 · A. ajoute le paragraphe suivant · texte numérisé non relu

A. ajoute le paragraphe suivant

« n étoit arrivé à l*Italie ce que l'Amérique a éprouvé de nos jours ; les naturels du pays, foibles et dispersés, ayant cédé leurs terres à de nouveaux habitants, elle étoit peuplée par trois différentes nations : les Toscans * , les Gaulois et les Grecs. Les Gaulois n*avoient aucune relation avec les Grecs, ni avec les Toscans **. Ceux-ci composoient une association qui avoit une langue, des manières et des mœurs particulières; et les colonies grecques, qui tiroicnt leur origine de différents peuples souvent ennemis, avoient des intérêts assez séparés.

« Le monde de ce temps-là n'étoit pas comme notre monde d'aujourd'hui : les voyages, les conquêtes, le commerce, rétablissement des grands Éuts ; les inventions des postes, de la boussole et de Timprimerie, une certaine police générale, ont facilité les communications et établi parmi nous un art qu'on appelle la politique; chacun voit d'un coup d*0Bil tout ce qui se remue dans l'univers, et pour peu qu'un peuple montre d'ambition, il effraye d'abord tous les autres. »

2. Denys d'Halicarnasse le dit formellement, liv. IX ; et cela paroit par l'histoire. Us ne savoient point faire de galeries pour se mettre à couvert des assiégés ; ils tàchoient de prendre les villes par escalade. Éphorus a écrit qu'Artémon, ingénieur, inventa les grosses machines pour battre les plus fortes murailles. Périclès s'en servit le premier au siège de Samoa, dit Plutarque, Vie de Périclès. (M.)

* C'est ainsi que l'auteur nomme toujours les Étrusques.

** A. Met en note : < On ne sait pas bien si ils (les Toscans) étoient du pays, on Tenus d'ailleurs. Denys d'Halicarnasse les croit naturels d'Italie. » L. I. (M.)

D£S ROMAINS, GHAP. I. 4i3

S'ils avoient rapidement conquis toutes les villes voisines, ils se seroient trouvés dans la décadence à l'arrivée de Pyrrhus, des Gaulois et d'Annibal ; et, par la destinée de presque tous les états du monde, ils auroient passé trop vite de la pauvreté aux richesses, et des richesses à la corruption.

Mais Rome, faisant toujours des efforts, et trouvant toujours des obstacles, faisoit sentir sa puissance, sans pouvoir rétendre ; et, dans une circonférence très-petite, elle s'exerçoit à des vertus qui dévoient être si fatales à l'univers.

Tous les peuples d'Italie n'étoîent pas également belliqueux : les Toscans étoient amollis par leurs richesses et par leur luxe ; les Tarentins, les Gapouans, presque toutes les villes de la Gampanie et de la Grande-Grèce', ianguissoient dans l'oisiveté et dans les plaisirs. Mais les Latins, les Hemiques, les Sabins, les Eques et les Yolsques aimoient passionnément la guerre; ils étoient autour de Rome ; ils lui firent une résistance inconcevable, et furent ses maîtres en fait d'opiniâtreté.

Les villes Latines étoient des colonies d' Albe, qui furent fondées' par Latinus Sylvius. Outre une origine commune avec les Romains, elles avoient encore des rites communs; et Servius Tullius' les avoit engagées à faire bâtir un temple dans Rome^, pour être le centre de l'union des deux peuples. Ayant perdu une grande bataille auprès du lac

1. A. Tous les peuples dltalie n^ctoicnt pas également belliqueux; ceux qui tenoient la partie orientale comme les Tarentins et les Gapouans, toutes les villes de la Gampanie et de la Grande-Grèce, etc.

S. Gomme on le voit dans le traité intitulé Origo gmtis Romanœ, qu'on croit être d'Aurélius Victor, ch. xvii. (H.)

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