‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 55 sur 217 · II · texte numérisé non relu

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Oa ne remarque pas, dans les auteurs, que les armées romaines, qui faisoient la guerre en tant de climats, périssent beaucoup par les maladies ; au lieu qu'il airive presque continuellement, aujourd'hui, que des armées, sans avoir combattu, se fondent, pour ainsi dire, dans une campagne.

Parmi nous, les désertions sont fréquentes ; parce que les soldats sont la plus vile partie de chaque nation \ et qu'il n'y en a aucune qui ait ou qui croie avoir* un certain avantage sur les autres. Chez les Romains, elles étoient plus rares : des soldats tirés du sein d'un peuple si fier, si orgueilleux, si sûr de commander aux autres, nepouvoient guère penser à s'avilir jusqu'à cesser d'être Romains.

Gomme leurs armées n'étoient pas nombreuses, il étoit aisé de pourvoir à leur subsistance ; le chef pouvoit mieux les connottre, et voyoit plus aisément les fautes et les violations de la discipline.

La force de leurs exercices, les chemins admirables qu'ils avoient construits, les mettoient en état de faire des marches longues et rapides\ Leur présence inopinée glaçoit les esprits : ils se montroient surtout après un mauvais succès, dans le temps que leurs ennemis étoient dans cette négligence que donne la victoire *.

Dans nos combats d'aujourd'hui, un particulier n'a guère de confiance qu'en la multitude : mais chaque Romain, plus robuste et plus aguerri que son ennemi.

1. Au XVII* et au xviii* siècle, l'armée se formait par des recrues toIoqtaires.

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