PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Un ambassadeur de France- à la Porte Ottomane, connu par son goût pour les lettres, ay£(nt acheté plusieurs manuscrits grecs, il les porta en France. Quelques-uns de ces manuscrits m'étant tombés entre les mains, j'y ai trouvé Fouvrage dont je donne ici la traduction.
Peu d'auteurs grecs ^ sont venus jusqu^à nous, soit quMls aient péri dans la ruine des bibliothèque^, ou. par la négligence des familles qui les possédoient.
Nous recouvrons de temps en temps quelques pièces de ces trésors. On a trouvé des ouvrages jusque dans les tombeaux de leurs auteurs ; et, ce qui est à peu près la môme chose, on a trouvé celui-ci parmi les livres d'un évêqi^e grec*.
1. A. Peo de poStes grecs (Je désigne par A la première édition.)
S. A i^oute ce qui snit :
Ce poème ne ressemble i aucun ouvrage de ce genre que nous ayons.
Cependant les règles, que les auteurs des poétiques ont prises dans la nature, s'y trouTent observées.
La description de Gnide qui est dans le premier chant, est d'autant plus heureuse, qu'eUe fait, pour ainsi dire, naître le poème ; qu'elle est, non pas un ornement du soget, mais une partie du sujet même : bien différente de ces descriptions que les axiciens ont tant blAmées, qui sont étrangères et recherchées :
Purpureus lato qui splendeat, nnus et alter Assuitur pannus.
Lee épisodes da second et du troisième chant naissent aussi du sujet ; et le poète s*est conduit avec tant d'art que les ornements de son poème en sont aussi des parties nécessaires.
11 n'y a pas moins, d'art dans le quatrième et le cinquième cubant. Le poète, qui devoit faire réciter à Aristée Thistoire de ses amours avec Camille, ne fait raconter au lils d' Antiloque ses aventures que jusqu'au moment qu'il a tu Thémire. afin de mettre de la variété dans les récits.
L'histoire d' Aristée et do CamiUe est singulière en ce qu'elle est uniquement une bistttix0 de sentiments.
Le nœud se forme dans le sixième chant, et le dénoûment se fait très-heureuseaent dans le septième» par un seul regard de Thémire.
Le poète n'entre pas dans le détail du raccommodement d* Aristée et de Camille :