‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 96 sur 217 · Voyez Tite-Live, liv. IX, chap. xlvi. (M · texte numérisé non relu

Voyez Tite-Live, liv. IX, chap. xlvi. (M

DES ROMAINS, CHAP. VIII. i«7

et les ambitieux ne pussent pas se rendre maîtres des suffrages, et que le peuple même ne pût pas abuser de son pouvoir.

Le gouvernement de Rome fut admirable, en ce que, depuis sa naissance, sa constitution se trouva telle, soit par Tesprit du peuple, la force du sénat, ou l'autorité de certains magistrats, que tout abus du pouvoir y pût toujours être corrigé.

Carthage périt, parce que, lorsqu'il fallut retrancher les abus, elle ne put souffrir la main de son Annibal même. Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces, qu'elle ne voulut pas en guérir. Et, parmi nous, les républiques d'Italie, qui se vantent de la perpétuité de leur gouvernement, ne doivent se vanter que de la perpétuité de leurs abus; aussi n'ont-elles pas plus de liberté que Rome n'en eut du temps des décemvirs^

Le gouvernement d'Angleterre est plus sage*, parce qu'il y a un corps' qui l'examine continuellement, et qui s'examine continuellement lui-même; et telles sont ses erreurs, qu'elles ne sont jamais longues, et que, par l'esprit d'altention qu'elles donnent à la nation, elles sont souvent utiles.

En un mot, un gouvernement libre, c'est-àr-dire toujours agité, ne sauroit se maintenir, s'il n'est, par ses propres lois, capable de correction.

i. Ni même plus de puissance. (M.) AUusion aux républiques de Venise et de Gênes.

2. A. Le gouvernement d'Angleterre est un des plus sages de TEurope. C*était là une de ces hardiesses qu*on ne souffrait pas en France, au

dernier siècle. H fallut que Montesquieu yoilàt son sentiment sous une forme plus générale et plus timide. Du reste la correction se trouve dans r erratum de Tédition de 1731.

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