‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 97 sur 217 · DBUX CAUSES DB LA PERTE DE ROME · texte numérisé non relu

DBUX CAUSES DB LA PERTE DE ROME

Lorsque la domination de Rome étoit bornée dans ritalie, la république pouvoit facilement subsister. Tout soldat étoit également citoyen : chaque consul levoit une armée; et d'autres citoyens alloient à la guerre sous celui qui succédoit. Le nombre des troupes n'étant pas excessif, on avoit attention à ne recevoir dans la milice que des gens qui eussent assez de bien pour avoir intérêt à la conservation de la ville *. Enfin * le sénat voyoit de près la conduite des généraux, et leur ôtoit la pensée de rien faire contre leur devoir.

Mais, lorsque les légions passèrent les Alpes et la mer, les gens de guerre, qu'on étoit obligé de laisser pendant plusieurs campagnes dans les pays que l'on soumettoit,

1. Les affranchis, et ceux qu'on appeloit capiU censi, parce qu'ayant très-peu de bien ils n*étoient taxés que pour leur tète, ne furent point d'abord enrôlés dans la milice de terre, excepté dans les cas pressants. Servius Tullius les avoit mis dans la sixième classe, et on ne prenoit des soldats que dans les cinq premières. Mais Marius, partant contre Jagurtha, enrôla indifféremment tout le monde : Milites scribere, dit Saliuste, non tnorê majorum, neque ex classibus, sed uli cujusque libido erot, capite censos plerosque. De bello Jugurth. Remarquez que, dans la division par tribus, ceux qui étoient dans les quatre tribus de ta ville étoient à peu près les mômes que ceux qui, dans la division par centuries, étoient dans la sixième classe. (M.)

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