‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditionsChapitre 270 sur 442 · DE L^AUTORITÉ DU CLERGÉ DANS LA PBEMIEBE RACE · texte numérisé non relu

DE L^AUTORITÉ DU CLERGÉ DANS LA PBEMIEBE RACE

Chez les peuples barbares, les prêtres ont ordinairement du pouvoir, parce qu'ils ont et l'autorité qu'ils doivent tenir de la religion, et la puissance que chez des peuples pareils donne la superstition. Aussi voyons -nous, dans Tacite, que les prêtres étoient fort accrédités chez les Germains, qu'ils mettoient la police^ dans l'assemblée du psuple. il n'étoit permis qu'à* eux de châtier, de lier, de frapper : ce qu'ils faisoient , non pas par un ordre du prince, ni pour infliger une peine ; mais comme par une inspiration de la divinité, toujours présente à ceux qui font la guerre.

Il ne faut pas être étonné si, dès le commencement de la première race, on voit les évêques arbitres* des jugements, si on les voit paroitre dans les assemblées de la nation, s'ils influent si fort dans les résolutions des rois, et si on leur donne tant de biens ^.

1. SUentium per sacerdotes, qtUbus et coercendijui est, imperatur. De moribus Germ., c. xi. (M.)

2. A'0c regibus libéra atit in/inUa potestas, Caterum neque animadoertere, neque vincire, neque verberare, nisi sacerdotibus est permiuum; non qiuui in pœnam, nec ducis jussu, sed velut Deo imper ante, quem adesse bellatoribus credunt. Ibid., c. vu. (M.)

3. Voyez la constitution de Clotaire de Tan 560, art. 6. (M.)

4. Les dix derniers chapitres de ce li?re, réunis aux Liv. XXVIII, XXX et XXXI, forment un traité complet sur l'origine et les premiers siècles de notre monarchie ; et c*est ainsi qu*il faut les lire pour les bien comprendre. (PAHaELLB.)

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