‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 10 sur 975 · USBEK A SON AMI RUSTAN · texte numérisé non relu

USBEK A SON AMI RUSTAN

A Isiiaiian.

Nous n*ayoDS séjourné qu'un jour à Com. Lorsque nous eûmes fait nos dévotions sur le tombeau de la vierge > qui a mis au monde douze prophètes , nous nous remîmes en chemin , et hier vingt-cinquième jour de notre départ d'Ispahan , nous arrivâmes a Tauris.

Rica et moi sommes peut-être les premiers parmi les Persans que Fenvie de savoir ait fait sortir de leur pays, et qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieusement la sagesse.

Nous sommes nés dans un royaiuue florissant ; mais nous n'avons pas cru que ses bornes fussent celles de nos connaissances , et que la lumière orientale dût seule nous éclairer.

Mande-moi ce que Ton dit de notre voyage ; ne me flatte point : je ne compte pas sur im grand nombre d'approbateurs. Adresse ta lettre à Erzeron^ où je séjournerai quelque temps. Adieu, mon cher Rustan. Sois assuré qu'en quelque lieu du monde où je sois , ta as un ami fidèle.

De Tauris, le 15 de la lune de Saphar * , I7ii.

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