CHAPITRE Xin
antre tour. Cieéren, avee des pariiez admirriilee fXNir un second r6le , était incapable du premier : fl arait un beau génie, mais une âme souv^t commune. L'aoeessoire , chez Cioéron, c'était la vertu; cbez Caton, c'était la gloire* ; Cioéron se voyait toujours le premier; Caton s'oubliait toujours : celui-ci Tcmlait sauver la république pour elle-même ; oehii-là pour s'en vanter.
Je pourrais continuer le parallèle en disant que, quand Caton prévoyait, Cioéron craignait; que là où Caton espérait, Cicéron se confiait : que le premier voyait toujours les dioses de sang-firaid; l'autre an travers de cent petites passions.
Antoine fat dé£adt à Modène : les deux consuls Hirtîus et Pansa y périrent. Le sénat, qui se crut au-dessus de ses affaires, songea à abaisser Octave , qui de son côté cessa d'agir contre Antoine, mena son armée à Rome, et se fit déclarer consul.
Voilà comment Cicéron, qui se vantait que sa robe avait détruit les armées d'Antoine, donna à la république un ennemi plus dangereux , parce que son nom était plus cher, et ses droits , en apparence, plus Intimes*.
Antoine, dé£ût, s'était réfugié dans la Gaule transalpine , où il avait été reçu par Lépidus. Ces deux hommes s'unirent avec Octave , et ils se donnèrent l'un à l'autre la vie de leurs amis et de leurs ennemis '. Lépide resta à Rome : les deux autres allèrent cherdier Brutus et Cassius , et ils les trouvèrent dans ces lieux où Ton combattit trois fois pour l'empire du nK>nde.
Brutus et Cassius se tuèrent avec une précipitation qui n'est pas excusable ; et l'on ne peut lire cet endroit de leur vie sans avoir pitié de la république, qui fut ainsi abandonnée. Caton s'était donné la mort à la fin de la tfagédie; ceux-ci la commencèrent en quelque façon par leur mort.
On peut donner plusieurs causes de cette coutume si générale des Romains de se donner la mort : le progrès de la secte stoique, qui y encourageait ; l'étabHssânent des triomphes et de l'esdavage , qui irent penser à plusieurs grands hommes qu'il ne &Uait pas survivre à une défaite; l'avantage que les accasés avaient de se donner la mort plutôt que de subir un jugement par lequel leur mémoire
quam viden bonus nuilebat; itague, quo mt'nt» gtonsmpetebat, eo magi» iUam OMteguebatur, (Sallust. de BeOoeam,)
* n éUilbéiItter de César, et son fils par adc^oQ.
s LeorcraaiitéfetiiiiiMiiaée'qallf QrdoDDènntqoechaooB •At à te i^loolr det pioacripUons , loqs peiae de la vie. Toycz INdo.
devait être flétrie et leurs biens confisqués'; une e^ièce de point d'honneur, peut-être plus raisonnable que celui qui nous porte aujourd'hui à égorger notre ami pour un geste ou pour une parole ; enfin une grande commodité pour l'héroïsme, chacun faisant finir la pièce qu'il jouait dans le monde, à l'endroit où il voulait.
On pourrait ajouter, une grande ÛKsilitédans l'exécution : l'âme, tout occupée de l'action qu'elle va £adre, du motif qui la détermine, du péril qu'elle va éviter, ne voit point proprement la mort, paroe que la passion fut sentir, et jamais voir.
L'amour-propre, l'amour de notre conservation se transforme en tant de manières , et agit par des principes si contraires, qu'il nous porte à sacrifier notre être pour l'amour de notre être; et tel est le cas que nous fusons de nous-mêmes, que nous consentons à cesser de vivre par un instinct naturel et obscur qui £edt que nous nous aimons plus que notre vie même*.