‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 143 sur 975 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Désocdret de l'empire d'Orient

Pims ee temps-là , les Perses étaient dans une situation plus heureuse que les Romains : ils craignaieirt peu les peuples du nord^, parce qu'une partie dn mont Taurus, entre la mer Caspienne et le Pont-Euxin, les en séparait, et qu'ils gardaient un passage fort étroit , fermé par une porte 4 , qui éLaii le seul endroit par où la cavalerie pouvait passer : partout ailleurs ees barbares étaient obligés de descendre par des précipices, et de quitter leurs chevaux, qui faisaient toute leur force, mais ils étaient encore arrêtés par l' Araxe , rivière profonde , qui coule de Pouest à l'est , et dont on d^endaîc aisément les passages *.

De phis, les Perses étaient tranquilles du côté

I «vatt éUbtt neuf IrooUèKsoa marebes : soqi les soiTanti le nombre eo aagmeota. Les bail>ares se là où Us n^aTaieot poini encore paru. Et Dion , B9. L¥, ftpfoiie qqede aoo tempe, soos fempire d'Alexandre, Bym tYalt treize. On voit par la notice de l'empire , écrite dengis Areadius et Hono^us , qoe dans le seul empire d'Orient flj ea avait quinae. Le noâubte en augmenta toujonm. La Ruipli jiie, la Lycaonie, la Pisidie, devinrent dea marclies ; et lovft rempftre fut couvert de fortiacaUons. AuréUen avait été oMiQé 4e fortifier Rome.

> fXdttAoglais.

^ LeaHuaa.

4 Lea portes Casplennes.

* PaocoPB, Guerre des Pfne$, liv. L

de l'orient; au midi, ils étaient bornés par la mer. Il leur était facile d'entretenir la division parmi les princes arabes, qui ne songeaient qu'à se piller les uns les autres. U n'avafent donc proprement d'ennemis que les Romains. « Nous savons, disait im « ambassadeur de Hormisdas^ que les Romains « sont occupés à plusieurs guerres, et ont à com- « battre contre presque toutes les nations; ils sa- « vent au contraire que nous n'avons de guerre que « contre eux. »

« Autant que les Romains avaient négligé l'art militaire, autant les Perses l'avaient-ils cultivé.

« Les Perses, disait Rélisaire à ses soldats, ne « vous surpassent point en courage, ils n'ont sur « vous que l'avantage de la discipline. »

Ils prirent dans les négociations la même supériorité que dans la guerre. Sous prétexte qu'ils tenaient une garnison aux portes Caspiennes, ils demandaient un tribut aux Romains, comme si chaque peuple n'avait pas ses frontières à garder; ils se feîsaient payer pour la paix, pour les trêves, pour les suspensions d'armes, pour le temps qu'on employait à négocier, pour celui qu'on avait passé à faùre la guerre.

Les Avares ayant traversé le Danube , les Romains , qui la plupart du temps n'avaient point de troupes à leur opposer, occupés contre les Perses lorsqu'il aurait fallu combattre les Avares, et contre les Avares quand il aurait fallu arrêter les Perses, furent encore forcés de se soumettre à un tribut ; et la majesté de Tempire fut flétrie cliez toutes les nations.

Justin, Tibère et Maurice, travaillèrent avec' soin à défendre l'empire. Ce dernier avait des vertus; mais elles étaient ternies par une avarice presque inconcevable dans un grand prince.

Le roi des Avares offrit h Maurice de lui rendre les prisonniers qu'il avait faits, moyennant une demi-pièce d'argent par tête; sur son refus , il les fit égorger. L'armée romaine, indignée ^ se révolta ; et les verts s'étant soulevés en même temps , un centenier, nommé Phocas, fut élevé à l'empire, et fit tuer Maurice et ses enfants.

L'bistoire de l'empire grec, c'est ainsi que nous nommerons dorénavant l'empire romain , n'est plus qu'un tissu de révoltes, de s^tions et de perfidies. Les sujets n'avaient pas seulement l'idée de la fidélité que l'on doit aux princes; et la succession des empereurs fut si interrompue, que le titre deporphyrogénète * , c'est-à-dire né dans l'appartement

* Jmbauaées de Ménandre,

* Ce mot , dérivé du grée, signifie né dan$ la pourpre. (P.)

la.

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