‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 167 sur 975 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Comment on supplée à la vertu dans le gouvememont

monarchique.

Je me hâte et je marche à grands pas , afin qu'oi ne croie pas que je £eisse une satire du gouvernement monardûque. Non : s'il manque d'un res<f sort, il en a un autre. V honneur, c'est-à-dire Ul préjugé de chaque personne et de chaque condition^ \

* Je parle Ici de la yertu publique , qui est la Tertu morale, dans le sens qu^elle se dirige au bien général; fort peu des Tertns morales particuliërea, et point du tout de cette vertu qui a du rapport aux vérités révélées. On verra bien ced au Uv. T, ch. II.

* Entendez ceci dans le sens de la note précédente.

^ « n ne faut pas, y est-il dit , se servir de gens de bas lieu : ils sont trop austères et trop difficiles. »— Toici les propres paroles du prétendu testament; c'est au chap. iv : « On peut dire bardiment que, de deux personnes dont le mérite est égal ceUe qui est la plus aisée en ses affaires est préférable à rentre, étant certain qu*U faut qu*un pauvre magistrat ait rame d*une trempe bien forte, si eUe ne se laisse quelquefois amollir par la considération de ses propres intérêts. Aussi rexpérieoce nous apprend que les riches sont moins si^feis à concession que les autres, et que la pauvreté contraint un pauvre officier à être fort soigneux du revenu de son sac » (Volt.)

DB L'ESPRIT DES LOIS

i prend la place de la verta politique dont f ai parlé,

et la représente partout. U y peut inspirer les plus belles actions; il peut, Joint k la force des lois, conduire au but du gouremeinent, comme la rertn même.

Ainsi, dans les monarchies bien réglées, tout le monde sera à peu près bon citoyen , et on trouvera rarement quelqu*un qui soit homme de bien; car, pour être honune de bien > , il &ut avoir intention de rétre, et aimer l'État moins pour soi que pour lui-même.

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