‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 170 sur 975 · CHAPITRE EL · texte numérisé non relu

CHAPITRE EL

Du principe da gouvernement despotique.

Comme il faut de la vertu dans une r^ublique, ^ et dans une monarchie de Yhonneur, il ^ut de la crainte dans un gouvernement despotique ' : pour la vertu, elle n'y est point nécessaire, et l'honneur y serait dangereux.

» Voyei Pcwy, page 447.

* On a beaucoup combattu, et Voltaire plus que tout antre, le système général du Uvre qui établit, comme principe des trois gouvernements connus dans le monde , la vertu pour les républiques, lliomieur pour les monarchies, te orainte pour les États despotiques. On est généralement d*accord avec routeur sur le dernier : on a fort incidente sur les deux autres. Je pense que Montesquieu eût prévenu beaucoup de difficultés, s*U fût entré dans son ptan et dans son genre d^esprlt de s^occuper beaucoup des obJecUons ; mais il est évident qu*il ne songe qu*à construire la série des ses idées , et Je conçois ses motifs. Son entreprise était si considérable, à ralsoD de oe qtt*U y voyait; la carrière qu*il mesurait de Toeil était si étendue, et le terme loi en paraissait si éloigné, qull pouvait craindre que celui de sa vie ne Tarrètàt en deçà ; t^ en efM, U avan à peine atteint le premier, qu*i] touchait h Faotre. Il ne survécut que peu d'années à la pubUcatton de VBsprit de* Lois •. SU eût voulu controverser, ne ftkt-ceque sur les pointa principaux, son ouvrage n*avatt plus de mesure,, et Û était également de Fhitèrèt public et de la gloire de Tauteur de resserrer Touvrage et de l'achever. (Li H.)

* U première édition parttt en r74<* «t tfoateiqtfso

UVRE m, GHAPITBE X.

Le pouvoir immense du priûoe y passe tout entier à ceux à qui il 1 e confie. Des gens capables de s'estimer beaucoup eux-mêmes seraient en état d*y faire des révolutions. Il faut donc que la crainte y abatte tous les courages, et y éteigne jusqu'au moindre sentiment d'ambition.

Un gouvernement modéré peut, tant qu'il veut, et sans péril, relâcher ses ressorts : il se maintient par les lois et par sa force même. Mais lorsque dans le gouvernement deqK)tique le prince cesse un mo- ■Mot de lever le bras, quand il ne peut pas anéantir à rinstant ceux qui ont les premières places % tout est perdu : car le ressort du gouvernement, qui est la crainte, n'y étant plus, le peuple n'a plus de protecteur.

Cesi apparemment dans ce sens que des cadis ont soutenu que le Grand Seigneur n'était point obligé de tenir sa parole ou son serment, lorsqu'il bornait par là son autorité*.

U faut que le peuple soit jugé par les lois, et les grands par la Cautaisie du prince; que la tête du dernier sujet soit en sûreté, et celle des padias toujours exposée. On ne peut parler sans frémir de ces gouvernements monstrueux. Le sophi de Perse, détrôné de nos jours par Biirivéis, vît le gouvernement périr avant la ooncpiéte, parce qu'il n'avait pas versé assez

de sang'.

L'histoire nons dit que les horribles cruautés de Domitien ef&ayèrent les gouverneurs au point que le peuple se rétablit un peu sous son règne 4. C'est ainsi qu'un torr^t qui ravage tout d'un côté laisse de l'autre des campagnes où l'œil voit de loin quel^ qœs prairies.

> OoouM n antre loinrefit dans raristoeratte militaire.

* RiCAOLT, de l'empire oUoman. — L'aateur de V Esprit des LriM donne cette prétendue décision des cadis comme une pRore do despotisme da sultan, n me semble que ce serait M eonlralre une prenire qu'il est soumis aux lois, puisqu^il soait obligé de consulter des docteurs pour se mettre audttsos des lois. Nous sommes voisins des Turcs ; nous ne'les «ooertHoos pas. Le comte de MarsigU, quiaTécu si longtemps ■I mittea d'eux, dit qu'aucun auteur n'a donné une véritable Qooaaisaance ni de leurempire, ni de leurs lois. Nous n'avons c« aine aucune traduction tolérabte de TAlcoian avant ceUe qw nooa a donnée Fanglais Sate, en 1734. Presque tout ce qu'on a dit de leur religion et de leur Jurisprudence est faux ; et tes eoodu^ons que Ton en tire tons les jours contre eux sont Irap peu fondées. On ne doit, dans l'examen des lois, cKer que

da lois reconnues. (Yolt.)

3 Voyez rtilstoire de cette révolution, par le P. Ducereeaa.

4 aoa flouvemement était niiUtalie; ce <pri est une des espè- «i dn soavecnement despotique.

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