CHAPITRE H
De rédncation dans les monarchies.
Ce n'est point dans les maisons publiques où l'on instruit Penâuice que l'on reçoit dans les monarchies la principale éducation; c'est lorsque l'on entre dann le nKNide que l'éducation, en quelque façon, commence. Là est l'école de ce que l'on appelle han neur, ce maître universel qui doit partout nous con duire.
Cest là que l'on voit et que Ton entend toujours dire trois choses : « Qu'il &ut mettre dans les vertus « une certaine noblesse; dans les meeurs, une œr- « taine franchise : dans les manières , une certaine « politesse. »
Les vertus qu'on nous y montre sont toujours 1 moins ce que Ton doit aux autres que ce que l'on ' se doit à soi-même : elles ne sont pas tant ce qui nous appelle vers nos concitoyens que ce qui nous en distingue.
On n'y juge pas les actions des hommes comme bonnes, mais comme belles; comme justes, mais conune grandes ; comme raisonnables, mais comme extraordinaires.
Dès que l'honneur y peut trouver quelque chose de noble , il est ou le juge qui les rend légitimes, ou le sophiste qui les justifie.
Il permet la galanterie lorsqu'elle est unie à l'idée des sentiments du cœur, ou à l'idée de conquête ; et c'est la vraie raison pour laquelle les mœurs ne sont jamais si pures dans les monarchies que dans les gouvernements républicains.
11 permet la ruse lorsqu'elle est jointe à l'idée de la grandeur de l'esprit ou de la gramieur des affaires, comme dans la politique, dont les finesses ne Vof^ fensent pas.
Il ne d^end l'adulatiouque lorsqu'elle est séparée de l'idée d'une grande fortune, et n'est jointe qu'au sentiment de sa propre bassesse.
A l'égard des mœurs , j'ai dit que l'éducation desl monarchies doit y mettre une certaine frandiise. On y veut donc de la vérité dans les discousB. Mai8<
< riivo dei enfuiit de valets de cbandwe à qui on disait : Monslear le maïqnis, songes àplairean roi ; etfai ooldirequ^ Venise les gonrenantes recommandent «ox petits garçons de bien aimer la répobUqne, et qne dans les sérails de Maroc cC d'Alger on crie : Prends gaide an grand eunuque noir ! (Volt.)