CHAPITRE V
De l'éducation dans le gonvemement répgfaliciÉi.
C'est dans le gouvernement républicain que Fon a besoin de toute la puissance de l'éducation. L»a crainte des gouvernements despotiques natt d'ellemême parmi les menaces et les châtiments ; Fhonneur des monarchies est favorisé par les passions , et les favorise à son tour; mais la vertu politique est un renoncement à soi-même ^ , qui est toujours une chose très^pénible.
On peut définir cette vertu, Famour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt publie au sien propre, donne toutes les vertus particulières : elles ne sont que cette préférence.
Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvemen^t est
* LareIiglonelirétieDBedéfeiidlavai9eaiice,et|»iesoritnmmilité ; et c'est là peut-être le contraste dontl'auteur veut parler ; mais ces préceptes n*ont pas fait de l*Europe un monde de poltrons : et ron remarque que les olttciers les plui attachés aux devoirs de cette religioB sont communément lesplusexacts à remplir les devoirs de leur état , et les plus intrépides dans le danger. (D.)
' On ne leur enseignait , dès le benean , que des fables , doi aUégories, desemblèmes, qui devenaient bientôt U règle et la passion de toute leur vie. Leur valeur ne pouvait mépriser le dieu Mars. L*emblème deVéouSfdesGffàceseCdesÂaMissBe pouvait choquer unjeune bomne amoureux. SU briUalt an sénat , il ne pouvait mépriser Mercure , le dieu de Téloquence. n se voyait entouré de dieux qui protégealentses talents et sesdé-
sirs. (YoLT.)
3 Cette vertu, que Montesquieu va définir, « ramour de la pa* trie , » n*est point un renoncement à soi-même. Loin de porter rhomme à l*abDégailon de ses intérêts, elle lui donne ua dérir extrême de voir l*£tat florissant et tranquille. Dans celte pros* péritéetcette tranquillité publique, le citoyen trouvée la fois sa tranquUUtépartleulière, son indépendance, la possetsioQ eC la Jouissance paisible de ses biens , Tespéranœ de les augmenter par la liberté do commerce , et celle d'être élevé à de plus grandes dignités. (O.)