CHAPITRE H
Ce qne c'est quels vertu dans l'État poUtiqne.
La vertu, dans une république, est une chose trèssimple: c'est l'amour de la république, c'est un sentiment, et non une suite de connaissances; le dernier homme de l'État peut avoir ee sentinient, conune le premier. Quand le peuple a une fols de' bonnes maximes, il s'y tient plus longtemps que ce que Ton appelle les honnêtes gens. Il est rare que la corruption commence par lui. Souvent il a tiré de la médiocrité de ses liunières un attachement plus fort pour ce qui est établi.
L'amour delà patrie conduit à la bontédesmoBors, et la bonté des mœurs mène à l'amour de la patrie. Moins nous pouvons satisfiûre nos passions particulières, plus nous nous livrons aux générales. Pourquoi les moines aiment-ils tant leur ordre? c'est justement par l'endroit qui fait qu'il leur est insupportable. Leur règle les prive de toutes les choses sur lesquelles les passions ordinahres s'appuient : reste donc cette passion pour la r^e même qui les afflige. Plus elle est austère, c'est4-dire plus elle retranche de leurs penchants, plus elle donne de force à ceux qu'elle leur laisse.