‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 188 sur 975 · LIVRE V, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE VI

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Pour maintenir ce partage des terres dans la démocratie, c'était une bonne loi que celle qui foulait qu*un père qui avait plusieurs enfants en dioislt un pour succéder à sa portion > , et donnât les autres en adoption à quelqu'un qui n*eût point d'enfants, afin que le nombre des citoyens pût toujours se maintenir ^al à celui des partages.

Phaléas de Chalcédoine ' avait imaginé une façon de rendre égales les fortunes dans une république où elles ne l'étaient pas. U voulait que les riches donnassent des dots aux pauvres, et n'en reçussent pas; et que les pauvres reçussent de l'aident pour leurs filles , et n'en donnassent pas. Mais je ne sache point qu'aucune république se soit accommodée . d'un règlement pareil. Il met les citoyens sous des conditions dont les différences sont si frappantes , qu'ils haïraient cette égalité même que l'on cherdierait à introduire. Il est bon quelquefois que les lois œ paraissent pas aller si directement au but qu'elles se proposent.

Quoique dans la démocratie l'égalité réelle soit rame de l'État, cependant elle est si difficile à établir, qu'une exactitude extrême à cet égard ne conviendrait pas toujours. H suffit que l'on établisse un cens 3 qui réduise ou fixe les différences à un certûn point ; après quoi , c'est à des lois particulières à égaliser, pour ainsi dire, les inégalités, par les charges qu'elles imposent aux riches, et le soulagement qu'elles accordent aux pauvres. Il n'y a que les richesses médiocres qui puissent donner ou souffrir ces sortes de compensations; car, pour les fortunes immodérées , tout ce qu'on ne leur accorde pas de puissance et d'honneur, elles le regardent comme une injure, f Toute inégalité dans la démocratie doit être \ tirée de la nature de la démocratie et du principe même de Tégalité. Par exemple , on y peut craindre que des gens qui auraient besoin d'un travail continuel pour vivre ne fussent trop appauvris par une magistrature, ou qu'ils n'en négligeassent les fonctions; que d^ artisans ne s'enorgueillissent; que des affrandiis trop nombreux ne devinssent plus puissants que les anciens citoyens. Dans ces cas, régalité entre les citoyens 4 peut être ôtée dans la

um crime nétninolDS, quoiqae ixm eani quelque indiscrétioo. » (Ceét.) > PlirtODMtaoepareUleloi,UT.X!deslMf.

* AJUtroTB, Politique , Ut. II , chap. vu.

^ Soiooflt quatre damniUpiemière, de eeux qui avaient daq oeota mlDei de revena, tant eo graloa qu*en fruUa liquides; la aeeoode, de ceux qal en avaient trois cents, et pou- ▼lieot entretenir un cheral ; la troisième, de ceux qui n*en •Taientqaedem cents ; la quatrième, de tous ceux qui Tlvalent de IcQit bras. (PurràBQOB, rû de Solon,)

* SoloQ exclut des ctHU^es tous ceux du quatrième cens.

démocratie pour l'utilité de la démocratie. Mais ce n'est qu'une égalité apparente que Ton ête : car un homme ruiné par une magistrature serait dans ime pire condition que les autres citoyens; et ce même homme , qui serait obligé d'en négliger les fonctions, mettrait les autres citoyens dans tme condition pire que la sienne; et ainsi du reste.

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