LIVRE V, CHAPITRE X
surtout les obliger de bonne heure à payer leurs dettes. Pour modérer leurs richesses « il faut des diq)Ositions sages et insensibles; non pas des confisquons, des lois agraires, des abolitions de dettes, qui font des maux infinis.
Les lois doiTont éter le droit d'aînesse entre les nobles ' , afin que , par le partage continuel des successions, les fortunes se remettent toujours dans
régalité.
Il ne faut point de substitutions, de retraits lignagers , de majorats , d'adoptions. Tous les moyens tUTcntés pour perpétuer la grandeur des fan^les dans les États monarchiques ne sauraient être d'usage dans raristocratie *.
Quand les lois ont égalisé les familles, il leur reste à maintenir l'union entre elles. Les différends des nobles doivent être promptement décidés : sans cela, les contestations entre lespersonnesdeviennentcontestations entre les familles. Des arbitres peuvent terminer les procès , ou les empêcher de naître.
Enfin il ne faut point que les lois favorisent les distinctions que la vanité met entre les familles, sous prétexte qu'elles sont plus nobles ou plus anciennes : cda doit être mis au rang des petitesses des particuliers.
On n'a qu'à jeter les yeux sur Lacédémone, on vora comment les éphores surent mortifier les faiblesses des rois^, celles des grands et celles du peuple.