‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 2 sur 975 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

inaticales. Je suis bien flatté, monseigiiear, d^Toir pa réussir dans une chose qui tous est agréable; et je ne désirerai jamais rien arec plus d'empressemoit que les occasions de To«8 marquer le respect igQni avec lequel f ai rhonneur d*étre»

Monseigneur,

Votre très-humble et très-obéissant serriteur,

DE MONTESQUIED.

I/édition de 1749 , une des meilleures qui aient été faites de V Esprit des Lois , seryit de type à toutes celles publiées du Tivant de Montesquieu , et elles furent nombreuses ; car, yers le milieu de 1750 , on en comptait déjà yingt-deux en Europe'. Traduit et réimprimé dans toutes les langues, ce livre admirable reparut en 1758. L*auteur était mort depuis trois ans , et ayait laissé plusieurs corrections et additions manuscrites qui furent recueillies dans cette nouvelle édition: nous la reproduisons ici, après toutefois Tatoh- collationnée sur les textes primitif '.

On conçoit aisément que le succès prodigieux de tBsprit des Lois ait soulevé contre Montesquieu cette foule d*hommes k vues étroites, qui s'irritent toutes les fois qu'une Ame généreuse combat les préjugés, défend les droits de rhumanité, et proclame nnfluence de la vertu sur le bonheur des peuples. Presque en même temps que ce chef-d'œuvre, on vit paraître une nuée de brochures dictées par là jalousie et la haine, et où la calomnie ne Ait pas épargnée. Le premier qui donna le signid, se cachant sous le voile de Fanonyme, osa accuser Montesquieu d'athéisme et de spmosisme, lui qui dans V Esprit des Lois n'avait pas perdu une seule occasion de rendre hommage à la sublimité de la religion chrétienne. H eut la faiblesse de se montrer sensible à cette injure , et , suivant l'expression énergique de Voltaire, « les trois doigts qui avaient écrit V Esprit des Lois s'abaissèrent jusqu'à écraser par la force de la raison, et à coups d'épigranunes, la guêpe convttlsionnaire qui bourdonnait à ses oreilles quatre fois par mois. »

Plusieurs autres écrits anonymes ftirent dirigés dans le même temps contre Montesquieu. Cependant il ne faut pas confondre avec ses obscurs détracteurs un écrit remarquable sous plus d'un rapport, quoiqu'O ne soit pas toujours exempt de mauvaise foi et de partialité. Il s'agit ici de l'ouvrage du fermier général Dupin. On croit que deux jésuites, les PP. Plesse et Berthier^, ont travaillé à son livre, qui oflVe dans quelques-unes de ses parties , une érudition peu commune. Comme il est devenu d'une extrême rareté ; comme, d'ailleurs , tous ceux qui en ont parié l'ont fait d'une manière inexacte ou hicomplète, nous consignerons dans cet avertissement les détails que nous avons recueillis sur ce sujet.

" Voyez les Lettres familières ^ n" 46.

* Cette coUatioD nous a mis à même de faire plusieurs corrections importantes.

3 J. J. Rousseau, dans ses Confessions^ ne nomme que te P. Bcrlhler.IUe trouva un jour chez M. Dupln, travaillant avec lui de toute sa force à la réfutation de Montesquieu. Voyez le livre Vn des Confessip^ns ; et remarquez que ce fait ne peut pas ■

M. Duphi était homme de mérite, mais incapable de saisir Tespritdn livre de Mcmtesquieu; et sa critique fiit désapprouvée par ses amis, qui l'engagèrent à ne la point publier. Ill^fitimprimer cto W, à tes ftain, et tp donna les pcemiera eiemplaû-ea à^en mines qm M conseillaient de la supprimer». Biais à pebe l'édition était-elle achevée qu'U Fanéantit; toutefois fl se repentit bientôt d'avoir pris ce parti violent Plusieurs sarcasmes, lancés contre les traitants dans les Lettres persanes et V Esprit des IxtiSp l'avaient blessé trop profondément pour qu'il n'essayât pas an mpips de las refionsser. Il remit son ouvrage sous presse, après en avoir &it dispanMtre quelques plaisanteries de mauvais «ràt, et quelques observations présentées avec mi ton de supériorité ou de légèreté peo convenable. Il donna phis de dév^oppenent aox parties qui en étaient susceptibles, et joignit à cette seconde édition* une prélace beaucoup plus sage, phis mesurée que

la première , et que l'on attribne à nMdame DHpin ; ou plutôt à J. J. Rousseau, son secrétaire.

Un homme qui a consacré aux lettres une paitie de son temps et de sa fortune, a porté sur cet ouvrage un jugement qui nous a paru mériter d'être conservé. Le voici : « J'ai parié bien mal des Réflexions de M. Dupin; mais quand j'en ai parlé ainsi , je ne les avais ni lues ni parcourues : tel est l'eOet d'un pn^ugé qui m'avait été transmis il y a trente ans, et contre lequel je ne m'étais point mis en garde. Cependant, m'étant avisé de lire ce livre, que je ne regardais que comme une pièce rare et ridicule , je me suis convaincu de deux vérités : la première, qu'il s'en faut beaucoup qu'A soit mauvais en totalité; et l'autre, que l'auteur a donné une grande preuve de sagesse en le snpprimant Mais pourquoi a-t-il déféré aux avis de ses amis qui le lui conseillaient? c'est qu'il a senti que l'enthousiasme^ portait à taire trouver l'iTJspri^ des Lois divin était trop vif, et qu'un homme qui le combattrait avec autant de force que M. Dupin, se ferait jeter la pierre par toute l'Europe. Effectivement, il critiquait l'ouvrage de Montesquieu avec trop d'amertume et trop peu de ménagement ; OMis au fond la plupart de ses critiques sont trèsjustes et bien raisonnées, clairemoit et parement écrites, n a raison dans tout ce qu'il reproche au président sur la nature des gouvernements , sur l'mfluence des climats , sur les mœurs et par conséquent sur les lois , enfin sur la constitution de l'Angleterre. Mais quand il parle de finance et de commerce , il parait trop se souvenir qu'il est fermier général. Au total , il y a d'excellentes choses dans cette critique ; et puisque j'en possède un exemplaire presque unique ' , je le conserverai précieusement. »

appartenir aux années 1743-1744, sous lesquelles H a été classé, puisque V Esprit des Lois ne UA publié qu*en 1748.

< Elle parut d'abord en deux volumes in-8<», sous le titre sut vant : Rifkxions sttr quelques parties d'un livre intitulé : De TEsprtt des Lois, à Parts, chez Bei^amin Serpentin, 1749.

> Elle a pour titre : Observations sur un hvre intitulé : De TEsprit des Lois, divisées en trois parties, et se compose de trois volumes iD-s<> ; mais elte ne porte ni date, ni nom d*autea r, ni nom d^mprimeur. On croit qu'elle parut en I76â.

^ Cet exemplaire presque unique a été longtemps entre nos mains, et nous en avons extrait tout ce qui nous a paru digite d'être offert au public.

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