‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 3 sur 975 · DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITEUR

Ob adUt 4|«e M. Dupvi avait feliré la saconde éditioD éô mm liTre à la soUidtatiott de ùtadame de Pompadoui^ fû t'toiéretsaU à raoleor d6 FiT^iril ditf Xoé«. La correspflBdmce bmilière de MoDlesquifia pwaTe, aa cootraire, qiH M Tit rien dans eet écrH ^ méiiUt une r^Mnae, et qi*a se cnit assez Tengé par Findignation qa'en témoim^ l0 public. Po«r MQSy qpii aTons lu attentiTement roenige de M. Di^hb, naos peosoDaqn'a fimtcbercber aiUevt la cause de sa sqiprassiop; et que le goaTernatnt , jnstwDeot alarmé de la maladresse avec laqoeMe certiiaes qnestiotts délkaies y étaient traitées, dut en^pger r«lew à le aoqppimier une seconde fois. En terminant ce qae aoos aTions à dire d'un oortage sor lequel on n'avatt jvqu'IdqDe des loiscigneineDts fort incertains, nous fe-

raiB remaïqoer que Voltaire y ainsi qu'a Favoue kiHnème , j a puisé ses principales objections.

Ea I7ft4, Crerier publia un Tohune sur YBsprit des haiit conUwmt plusieurs observations et quelques rectificitioos dont Doos ayons profilé. On lui saurait phis de gré ée ioo traTafl , ^ if était toiiioars renfermé dans les bornes ^ doit s'impoaer un critique judicieux , et s'fl n'avait ja- ■tis oobBé cette sage drconqtection que recommande OaHiliLuàceuxqui recbercbent le périlleux honneur de in^Br les grmda écrivains Mfais il s'est trop appesanti sur fKlques légères inadvertances qui devaient nécessaire- Bal échapper à Montesquieu dans un ouvrage de si loupe \tùém , el où i I a cité souvent de mémoire. Crevier a isé Bème le taxer d'ignorance, et Faccuser d'avoir voulu tendre des piéfes à ses lecteurs et leur je^ d0 to jwiiifre . OKX yeux. Un langage aussi inconvenant n'a pas besoin ée ooounentaire. Noos nous contenterons de dire qu'A ne éefait pas reprocher à Montesquieu d'avoir renvoyé ses kctewi à la Vie de Denys , sous prétexte que cette Vie a'enstaitpas» puisqu'elle se trouve réunie à celle de Dion, rnnni Pkrtarqœ a eo soin de le fidre remarquer.

Vallaire, qui afest mis an rang des commentateors de llniesfBtel, se home pour Fordinaire à reproduire qoelfHB^uaesdefl réOexioiis laites avant loi, et auxqudles il ait donner une nouvelle vie par lecteur original de sa peoaée et par les agréments de son style. Ses observations 9A été publiées en 1778 , sous le titre de Commentaire, En fiéaénl,fl y ftit preuve d'impartialité; mais les saiUies de MU imagiÀtion l'emportent quelquefois au delà des bor-

ses delà vérité»; et s'Uadit que Montesquieu, apiès avoir Rtrauvé les titres du genre humain, les lui avait rendus, I a ditanasi que VSspritdes LoU n'était qu'un Becueil fépiframmet; et alors Fauteur n'était plus pour lui que TiMséMieux Montesquieu. Du reste il s'abandonne fré-

' âtodette «MM» wt drcwm^teelo JutHào de tatUii vins pmmtiamdmn ett, ne (quod plerùque accidii) damnent fM nen mUltigunL Je si neeesse ett in alterutram errare yvlm, ommia eontm legentibus pUuere , quam wtnlta disfUtenmaimernm, (Ub. X, cap. L)

* Ob doit avouer que Voltaire oooobat Montesquieu comme fl levait lu, très-étounthnent Ces ol:s|ets de méditation étalent hvp étrangers à Fexeesaive vivacité de son esprit Saisir forte- Mt par Ffanaglnation les ol^fets qu'elle ne doit montrer que ™ cMé , é'est ce qui crt du poète ; les embrasser soos toutes ■* <Ka , c'est ce qui ert du philosophe ; et Voltaire était tiop oriadvcaent Fnn pour être l'autre. (Li H. )

quemment à des dissertations étrangères à son si^ , et olh l'esprit brille trop souvent aux dépens du jugement De

semblables digressions auraient surchargé le texte : il était donc inutile de les recueillir; d'ailleurs on peut les voir dims toutes les éditions de Voltaire* .

Enfin la Harpe nous a laissé plusieurs renianitkies pteinés de justesse et de goût, d'autant plus précieuses qu'elles wmi le résultat d'une longue méditation et d'une connaissance approfondie des ouvrages de Montesquieu. On sait que cet habile critique, ayant entrepris de commenter V Esprit des Lois et de combattre quelques-uns de ses prmdpes , brûla son travafl dès qu'il fut en état de l'apprécier. Nous ne pouvons résister au désh* de transcrire ici unaveu aussi honorable pour celm qui le fait que pour celui qui enestFolijat:«Dansun temps, dit la Harpe, où je ne doutais de rien , non plus que bien d'autres , j'avais essayé de réfuter quelquesHms des principes de f Esprit des Lois ; et cette réfutation remplit cmq ou six séancea du Lycée avec un tel succès, que je fhs sollicité de toutes parts de Fimprimer sur-le^^iamp» J'aurais dû dire alors, comme cet ancien philosophe* applaudi par la multitude : Auraisje par hasard laissé échapper qudques sottises? Heureusement je ne publiai pas les miennes, quoique je ne m'en défendisse pas. Lorsque je les relus en 1794» je jetai surle-champ le manuscrit au feu, sans en conserver une phrase, et je rendis grAce à Dieu. » Un aussi bel exemple aurait dû trouver des imitateurs; mais au milieu de la stérilité qui afflige la littérature fhmçaise, nos grands écrivains sont condamnés à voir longtônps encore leur texte embarrassé, quelquefois même étouffé sous l'amas des idées vraies ou fSuisses et souvent incohérentes et ridicules* que la lecture de leure diefis-d'œuvre aura frit éclore.

Nous glisserons légèrement sur une fbule d'écrits en prose et en vers^ dans lesquels Fauteur de YEsprit des Lois fht attaqué avec la dernière indécence, et dont le temps seul devait fldre justice: car Montesquieu méprisait trop ses ennemis pour repousser leurs h^jures. Et d'aflleurs qu'eût-fl r^MMidu à un abbé Bonnaire qui se croyait bien méchant, parce qu'A avait dit, àproposdu livre XIV de VEsprit des Lois, « que le climat était un enfluit gâté, mais que son père lui arrachait le nez en voulant le moucher trop fort? » Que dire à un abbé Laporte, qui, après avoir torturé son génie pour en tirer quelques niaiseries, s'imaginait couvrir de ridicule Montesquieu en comparant une femme des pays chauds à « une laitue que le trop de chaleur empêche de pommer et tût monter en graine? »

> PhoUon.

> ParoequIlapluàSalntFoIxdesedemandersi Montesquieu ne 8*était pas penuadé que nos ancêtres eussent les mains faites oonmie dâ pattes de crocodile , devaii<» s'attendra à retrouver cette sottise dans une édition récente?

3 Un de ces poèmes improvisés commence ainsi :

Vooi connatMOT VBsprtt de$ Lots :

Qm peiiMi>T(HM d« cet oorrage?

C« a'ett qa'vB conAu acaoBblafa *

De répabUqoes et de rois.

Voilà pourtant ce qu'on appelait akm Tanaljfse poétique ôê VEsprit des Uns!

viU

AVERTISSEMENT DE UÉDITEUR.

Cependant nous ne (erminerons point cet aTertissement, déjà trop long peot^^, sans dite qnelqoes mots d*an écrit nioderne intitulé : Cbmm^tolrejtcr ri?4pH/ifes XoU^ et qu'on a cru pooroir rattadier à quelques éditions récentes. Ce prétendu commentaire n'est proprement qu'un DOUTean système fondé sur d'autres idées» sur d'autres principes que ceux aàopiés par Montesquieu '. L'auteur prend soin lui-même de nous ayertir qu'il a refait les princ^es dassificatiims de V Esprit du Lois « pour t&cher « d'édairdr davantage les idées de Montesquieu» et parce « qu'A serait trop long et trop pénible de discuter ses trois « espèces de gonremement en partant des bases qu'A a « posées, et quin'offirent rien d'assez solide ni d'assez pré-

■ Od peut appliquer à M. D. de T. ceque MbnteiquIendiBalt

de Yoltaire :« n refait mon livre , pois 11 approuTe ou critiqtte ce qu'il a fait ».

« ds. » n i^oute qu'il « sera plus (kile d'en apprécier la n yaleur en adoptant une nouyeUe division des gouveme* « ments en nationaux et spéciaux, » Enfin, il est forcé d'avouer quelque part qu'if ne s'éloigne des idées de Jlfofitesquleu que pourmieux les réfuter. Onnewndoiït^pês étonné de ne voir au bas des pages aucun fragment d'an ouvrage qui n'a d'autre point de contact avec V Esprit des Lois que l'ordre des matières, et qui n'aurait jamais dft trouver place à la suite de Bfontesquieu.

En résumé, notre édition présente : 1* plus de correotion dans le texte qu'aucune des précédentes; 2* on commentaire variorum tiré de Dupin, Crevier, YoNaire, Bfably, Servan , la Harpe, etc. ; 3* une notice sur la vie de Montesquieu par M. C. A. Wakkeoafir; 4* une table générale et analytique des matières.

Page 1