‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 232 sur 975 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des lois ^mptuaires dans raristocratie.

LWstoeratie mal constituée a ce malheur que les ooUes y ont les richesses, et que cependant ils ne doivent pas dépenser; le luxe, contraire à Tesprit de modération , en doit être banni. Il n*y a donc que des gens trè^^pauvres qui ne peuvent pas recevoir, et des gens très-riches qui ne peuvent pas déposer.

A Venise, les lois forcent les nobles à la modestie. Ils se sont tellement accoutumés à l'épargne, qo*il n'y a que les courtisans qui puissent leur faire donner de Targent. On se sert de cette voie pour otretenir Findustrie : les femmes les plus méprilables y dépensent sans danger, pendant que leurs trSxitdres y mènent k vie du monde la plus obscure.

Les bonnes républiques grecques avaient à cet égard des institutions admirables. Les riches employaient leur argent en fêtes, en chœurs de musique, en chariots, en chevaux pour la course, en na^stratures onéreuses. Les richesses y étaient aussi à charge que la pauvreté.

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