‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 244 sur 975 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

Des pemes établies par les empereurs contre les débauches

des femmes.

La loi JuHa établit une peine contre Tadultère. Mais, bien loin que cette loi et celles que Ton fit dqmis là-dessus fussent une marque de la bonté des mœurs , elles furent au contraire une marque de leur dépravation.

Tout le système politique à l'égard des femmes changea dans la monarchie. Il ne fut phis question d'établir chez elles la pureté des mœurs , mais de punir leurs crimes. On ne faisait de nouvelles lois, pour punir ces crimes, que parce qu'on ne punissait plus les violations , qui n'étaient point ces crimes.

L'afifreux débordement des mœurs obligeait biea les en^ereurs de faire des lois pour arrêter, k un certain point, l'impudicité; mais leur intention ne fat pas de corriger les mœurs en général. Des ûdts ponti&, rapportés par les historiens, prouvent ^us oeia que toutes ces lois ne sauraient prauTcr le contraire. On peut voir dans Dion la conduite d'Auguste à cet égard, et comment il éluda, et dans sa préture, et dans sa censure, les deoiandes qui lui furent ûdtes <

Od trouve bien dans les historiens des jugements rigides rendus sous Auguste et sous Tibère contre l'impudicité de quelques dames romaines ; nais , en nous faisant connaître l'esprit de ces règnes , ils nous font connaître l'esprit de ces juge-

' Ne m wtUki patruuM oro.

* LtloiPipleniieoidoimasoasAngBtte que les femmes qvd «antait ea trob eDÊmts wrakiit hors de cette tutelle.

^ Cette toteUe s'appelait chez les Germains mundêburdium.

4 ConmeonlaieatamenéanJeaDe homme qalavaitépousé ne femme avec laquelle il avdt eu auparavant un mauvais ^WMwree , fl liésita lonatempt , n'osant ni approuver, ni puair en dwies. Enlin, reprenant ses esprits : «tes séditions ont " M esose de grands maaz,dit-U;oablions-les.» (Dior, llv. UV.) LesséBirteuES M ayant demandé des règlements sur les des fenaei, U éUida cette demude, en leur disant

Auguste et Tibère songèrent principalement h punir les débauches de leurs p«rentes. Ils ne punissaient point les dérèglements des mœurs , mais un certain crime d'impiété ou de lèse-majesté < qu'ils avaient inventé , utile pour le respect , utile pour leur vengeance. De là vient que les auteurs romains s'élèvent si fort contre cette tyrannie.

La peine de la loi Julia était légère *. Les empereurs voulurent que, dans les jugements, on augmentât la peine de la loi qu'ils avaient faite. Cela fut le sujet des invectives des historiens. Ils n'examinaient pas si les femmes méritaient d'être punies , mais si l'on avait violé la loi pour les punir.

Une des principales tyrannies de Tibère ^ fut l'abus qu'il fit des anciennes lois. Quand il voulut punir quelque dame romaine au delà de la peine portée par la loi Julia , il rétablit contre elle le tribunal domestique 4.

Ces dispositions à l'égard des fenmies ne regardaient que les familles des sénateurs, et non pas celles du peuple. On voulait des prétextes aux accusations contre les grands , et les déportements des femmes en pouvaient fournir sans nombre.

Enfin ce ^e j'ai dit, que la bonté des mœurs n'est pas le principe du gouvernement d'un seul , ne se vérifia jamais mieux que sous ces premiers empereurs; et si l'on en doutait, on n'aurait qu'à lire Tacite , Suétone, Juvénal et Martial.

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