‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 328 sur 975 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

De la révélation des conq[»iratioDS.

« Quand ton firère, ou ton fils , ou ta fille, ou ta « femme bien-aimée , ou ton ami , qui est comme « ton âme, te diront en secret : âUom à cTatUres « dieux y tu les lapideras : d'abord ta main sera « sur lui , ensuite celle de tout le peuple. » Cette loi du Deutéronome4 ne peut être une loi civile chez la plupart des peuples que nous connaissons, parce qu'elle y ouvrirait la porte à tous les crimes.

La loi qui ordonne dans plusieurs États , sous peine de la vie, de révéler les conspirations auxquelles même on n'a pas trempé , n'est guère moins dure. Lorsqu'on la porte dans le gouvernement monarchique, il est très-convenable de la restreindre.

Elle n'y doit être appliquée, dans toute sa sévérité, qu'au crime de l^e-majesté au premier chef. Dans ces États il est très-important de ne point confondre les différents chefs de ce crime.

Au Japon, où les lois renversent toutes les idées de la raison humaine, le crime de non-révélation s'applique aux cas les plus ordinaires.

> naTtas Vopiaciis, dans sa vie.

* SyOa fit aoe lot de miO^sté, dont 0 est parié dans les oraisons <leCioéron,pro C/iMutio, artideS; in Piêontm, art. ai ; deuxième contre Verres, art. 5; épitres femilléres, Uv. III, lettre II. César et AugniÂe les insérèrent dans les lots Jolies; d*aatres y ajoutèrent

^ Bt quo guis distincUor accusator, eo magie honorti asêe^baUir, ae veluti Mocrosanctus erat, (Taote.)

4 Cbap, xm, versets s, 7, s et 9.

Une relation ' nous parle de deux demoiselles qui furent renfermées jusqu'à ki mort dans un cof* ère hérissé de pointes : l'une , pour avoir eu quelque intrigue de galanterie ; l'autre , pour ne l'avoir pas révélée.

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