CHAPITRE XU
Rapport de la grandeur des tributs avec la liberté.
Règle générale : on peut lever des tributs plus forte, à proportion de la liberté des s^ijeto; et l'oo est forcé de les modérer à mesure que la servitude atigmente. Cela a toujours été, et cela sera toujours. Cest une règle tirée de la nature, qui ne varie point : on la trouve par tous les pays, en Angleterre, en Hollande , et dans tous les Étate où la liberté va se dégradant, jusqu'en Turquie. La Suisse semble y déroger, parce qu*on n'y paye point de tribute ; mais on en sait la raison particulière, et même elle confirme ce que je dis. Dans ces montagnes stériles, les vivres sont si chers et le pays est si peuplé, qu'un Suisse paye quatre fois plus à la nature qu'un Turc ne paye au sultan *.
Un peuple dominateur, tel qu'étaient les Athéniens et les Romains 5 peut s'af&anchîr de tout impôt, parce qu'il règne sur des nations sujettes. Il ne paye pas pour lors à proportion de sa liberté, parce qu'à cet égard il n'est pas un |peuple , mais un monarque.
Mais la règle générale reste toujours, n y a, dans les Étate modèle, im dédommagement pour la pesanteur des tribute : c'est la liberté. Il y a dans les Êtete ^ despotiques un équivalent pour la liberté : c'est la modicité des tribute.
Dans de certaines monarchies en Europe, on voit des provinces 4 qui, par la nature de leur gouverae-
> Toolant avoir «m oommeree avec les étrangers, sans se oomtminkpier avec eux, Us ont ehoisl deox natloos; la hollandaise, pour le oommeroe de TEorope, et la chinoise pour odni de TAsle. Ds Uennent dans une espèce de prison les fheteois et les matelots, et les gênent Jusqu'à fUre perdie pntlenoe.
* n n*y a ancon hnpAt en Suisse; mais chacon paye les dfmes, les cens, les lods et ventes, qa*on payait aox docs de Zéringae et aux moines Les montagnes, excepté les glacières , sont de fertiles pâturages ; eUes font la richesse da pays. La viande de boacherie est enTtron la mottlé moins chère qa*à Paris. On ne sait ce que raatear entend quand U dit qtf un Suisse paye quatre fois plus à la nature qu'un Turc an sultan, n peut boire quatre foto plus qu*un Turc, car U a le vin de la C6te, et TexceUent vin de Yaud. (Volt.)
3 En Russie, les tributs sont médiocres; on les a augmentés depuis que le despotisme y est plus modéré. Voyex Y Histoire des Tattars, deuxième partie.
4 Les pays d^états. — On donnait autrefois ce nom aux pro-
. UVRE Xin , CHAPITRE XV,
ment poKUqoe, sont dans un mdilenr état qoe les antres. On s'imagine toujours qu'elles ne payent pas assez, parce que, par un effet de la bonté de leur goaremement, elles pourraient payer davantage; et 0 Tient toujours dans l'esprit de leur iter ce gouremement même qui produit ce bien qui se communique , qui se répand au loin , et dont il vaudrait bien mieux jouir.