CHAPITRE I
De Tesclayage dvU.
L'esclavage proprement dit est rétablissement! d'un droit qui rend un honune tellement propre à un autre homme, qu*il est le maître absolu de sa vie et de ses biens. Il n*est pas bon par sa nature ; il n'est utile ni au maître ni à l'esclave : à celui-ci , parce qu'il ne peut rien faire par vertu; à celui-là, parce qu'il contracte avec ses esclaves toutes sortes de mauvaises habitudes, qu'il s'accoutume insensiblement à manquer à toutes les vertus morales , qu'il devient fier, prompt , dur, colère , voluptueux , cruel.
Dans les pays despotiques, où l'on est déjà sous l'esclavage politique, l'esclavage civil est plus tolérable qu'ailleurs. Qiacun y doit être assez content d'y avoir sa subsistance et la vie *. Ainsi la condition de l'esclave n'y est guère plus à charge que la condition du sujet.
Mais, dans le gouvernement monardiique, où il est souverainement important de ne point abattra ou avilir la nature humaine , il ne faut point d'esclaves. Dans la démocratie, où tout le monde est égal , et dans l'aristocratie , où les lois doivent faire leurs efforts pour que tout le monde soit aussi égal
« d*hui en Orient comme elles étaient il y a mOle ans. » Montesquieu dit toujours que les lois forment Us manières ; ^aurais dit les usages. Mais U me semble que les manières du christianisme détruisirent, depuis Constantin, les manières de la Syrie« de l'Asie mineure et de l'É^rpte; que les manières un peu brutales de Mahomet chassèrent les beUes manières des anciens Persce, et même les nôtres. Le« Turcs sont venus ensuite qui ont tout bouleversé, de façon qu*a n*en reste plus rien que les eunuques et les bouffons.
On a peut-être attribué trop d'influence au cUmat n parait que partout la sodélé humaine a été fonnée par de peUtes peuplades qui, après s*ètre plus ou moins dvillâées, ont fini par se réunir ou par être absorbées dans de grands empires. La différence la plus réeUe est celle qui existe entre les Européens et le reste du glot>e; et cette dlffërenoe est Tourrage des Grecs. Ce sont les philosophes d'Athènes , deMilet, de Syracuse, d'Alexandrie , qui ont rendu les habitants de rEurope actuelle supérieurs aux autres hommes. Si Xerxès eût vaincu à Salamine, nous serions peirtrétre encore des bart>ares. (Volt.)
■ Quand, par la forme du gouvernement, tous sont les esdavas d'un seul qui ne peut, ni ne vent les protéger, il n'est pas étonnant que plusieurs préfèrent de se rendre parJeur volonté même les esclaves d^u autre homme qui les gardera sous se» yeux et sous sa protection. (Servam .)
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DE L'ESPRIT DES LOIS
) que la nature du gouvernement peut le permettre, [ des esclaves sont contre Tesprit de la constitution : ; ils ne servent qu*à donner aux citoyens une puis- • sance et un luxe qu'ils ne doivent point avoir >.