‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 383 sur 975 · LIVRE XV, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CHAPITRE V

plus grande capacité de se rendre utiles, qu*on ne pourrait pas dire que celui qui les nourrirait, pour être leur maître, donnât rien.

L'esclavage est d'ailleurs aussi opposé au droit dvil qu'au droit naturel. Quelle loi civile pourrait empêcher un esclave de fuir, lui qui n'est point dans la société, et que par conséquent aucunes lois d^es ne concernent? Il ne peut être retenu que par une loi de Êunille, c'est-à-dire par la loi du maître.

CaBLAPITRE in.

Autre origiiie du droit de l'esclavage.

Taimerais autant dire que le droit de l'esclavage : vient du mépris qu'une nation conçoit pour une \ autre, fondé sur la différence des coutumes.

Lopès de Gomara' dit « que les Espagnols trou- « vèrent, près de Sainte-Marthe, des paniers où • les habitants avaient des denrées : c'étaient des «cancres, des limaçons, des cigales, des saute- « relies. Les vainqueurs en firent un crime aux «vaincus. » L'auteur avoue que c'est là- dessus qu'on fonda le droit qui rendait les Américains esdaves des Espagnols, outre qu'ils fumaient du tabac, et qu'ils ne se faisaient pas la barbe à l'espagnole.

Les connaissances rendent les hommes doux; la laison porte à l'humanité : il n'y a que les préjugés qui y ÊuMent renoncer.

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