LIVRE XVI
intérêts sont dÎTers, plus il est bon que les lois les ramènent à un intérêt.
[ Cela se fiadt surtout par la clôture. Les femmes ne doivent pas seulement être séparées des hommes par la clôture de la maison, mais elles en doivent encore être séparées dans cette même clôture, en sorte qu*elles y fassent comme une femille parf ticalière dans la famille. De là dérive pour les fem- / mes toute la pratique de la morale, la pudeur, la \ chasMé, la retenue, le silence, la paix, la dépeni' dance, le respect, Tamour, enfin une direction générale de sentiments à la chose du monde la meilleinre par sa nature, qui est l'attachement unique à sa famine.
Les femmes ont naturellement à remplir tant de devoirs qui leur sont propres , qu'on ne peut assez les séparer de tout ce qui pourrait leur donner d'autres idées, de tout ce qu'on traite d'amusements, et de tout ce qu'on appelle des afifaires.
On trouve des mœurs plus pures dans les divers États d'Orient, à proportion que la clôture des feomes y est pkts exacte. Dans les grands États, il y a néeessairement des grands seigneurs. Plus ils •Dt de grands moyens, phis ils sont en état de tenir les femmes dans une exacte clôture , et de les enpédier de rentrer dans la société. C'est pour eela que, dans les empires du Turc, de Perse, du Mi^, de la Chine et du Japon, les nxeurs des femmes sont adminMes.
On ne peut pas dire la même chose des Indes, que le nombre infini d'îles et la situation du ter-
laîa ont divisées en une infinité de petits États , que le grand nombre des causes que je n'ai pas le temps de rapporter ici rendent despotiques.
Là, il n'y a que des misérables qui pillent, et des misérables qui sont pillés. Ceux qu'on appelle des grands n'ont que de très-petits moyens; ceux que Ton appelle des gens riches n'ont guère que leur subsistance. La clôture des femmes n'y peut être aossi exacte; l'on n'y peut pas prendre d'aussi grandes précautions pour les contenir ; la corruption de leurs mœurs y est inconcevable.
C'est là qu'on voit jusqu'à quel point les vices du dimat, laissés dans une grande liberté, peuvent porter le désordre. C'est là que la nature a une force, et la pudeur une faiblesse qu'on ne peut comprendre. A Patane > , la lubricité des femmes
■ «eniMl def Voyagtt qui ont servi à VétabUttement de U compagnie deê Indet, tom. Il , pag. IM. — Ce que MoDtofotai rapporte de Patam, d'après Victor Sprinkel, commis de U compagnie det Indes de HoHande, me parait fort 8u»> ped. Ce voyageur dit aa même endroit « qae les maris de Patane sont titrâmement Jaloux de leurs femmes , et qulls ne