UYBE XVII, CHAPITRE VUI
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a^émpéche pas qu'ils n*aient porté dans la Tartane l'esprit du gouvernement chinois.
Souvent une partie de la nation tartare qui a conquis est chassée elle-même; et elle rapporte dans ses déserts un esprit de servitude qu'elle a acquis dans le climat de l'esclavage. L'histoire de la Chine nous en fournit de grands exemples, et notre histoire ancienne aussi <.
Cest ce qui a fait que le génie de la nation tartare ou gétique a toujours été semblable à celui des empires de l'Asie. Les peuples, dans ceux-ci , sont gouvernés par le bâton; les peuples tartares, par les longs fouets. L'esprit de l'Europe a toujours été contraire à ces mœurs ; et , dans tous les temps , ce que les peuples d'Asie ont appelé punition, les peuples d'Europe l'ont appelé outrage *.
Les Tartares, détruisant l'empire grec, établirent dans les pays conquis la servitude et le despotisme; les Goths, conquérant l'empire romain, fondèrent partout la monarchie et la liberté.
Je ne sais si le fameux Rudbeck , qui , dans son Atlantique, a tant loué la Scandinavie , a parlé de cette grande prérogative qui doit mettre les nations qui fhabitent au-dessus de tous les peuples du monde : c'est qu'elles ont été la source de la liberté de l'Europe , c'est-à-dire de presque toute cdle qui est aujourd'hui parmi les hommes.
Le Goth Jomandès a appelé le nord de l'Europe la fabrique du genre humain ^ : je l'appellerai plutôt la fabrique des instruments qui brisent les fers forgés au midi. C'est là que se forment ces nations vaillantes qui sortent de leur pays pour détruire les tyrans et les esclaves , et apprendre aux hommes que, la nature les ayant faits égaux, la raison n'a pu les rendre dépendants que pour leur bonheur.