CHAPITRE XVra
Force de la superstition.
Si ce que les relations nous disent est vrai , la constitution d'un peuple de la Louisiane, nonuné les Natchés, déroge à ceci. Leur chef» dispose des biens de tous ses sujete, et les fait travailler à sa fantaisie; ils ne peuvent lui refuser leur tête : il est comme le Grand Sdgneur. Lorsque l'héritier présomptif vient à naître, on lui donne tous les enùnts à la mamelle, pour le servir pendant sa vie. Voua diriez que c'est le grand Sésostris. Ce chef est traité dans sa cabane avec les cérémonies qu'on ferait à un empereur du Japon ou de la Chine.
Les préjugés de la superstition sont supérieurs à tous les autres préjugés, et ses raisons à toutes les autres raisons. Ainsi, quoique les peuples sau-
« lettres édifianttt, Tlngtième recudl.
vages ne connaissent point nator^ment le despotisme, ce peuple^i le connaît. Us adorent le soldl; et, si leur chef n'avait pas imaginé qu'il était le frère du soleil , ils n'auraient trouvé en lui qu'un misérable conune eux.