‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 459 sur 975 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ConoàiieDy pour les meflleures lois, fl est nécessaire qae les esprits soient pr^>arés.

Rien oe parut plus iosupportable aux Germains > que le tribunal de Varus. Celui que Justinien érigea * chez les Laziens pour faire le procès au meurtrier de leur roi leur parut une chose horrible et barbare. Mithridate 3, haranguant contre les Romains, leur reproche surtout les formalités ^ de leur justice. Les Parthes ne purent supporter ce roi qui, ayant été élevé à Rome, se rendit afia- 'ble ^ €t accessible à tout le monde. La liberté même a paru insupportable à des peuples qui n'étaient pas accoutumés à en jouir. Cest ainsi qu'un air f par est quelquefois nuisible à ceux qui ont vécu dans des pays marécageux.

Un Vénitira, nommé Balbi , étant au Pégu ^ , fot mtroduit chez le roi. Quand celui-ci apprit qu'il n'y avait point de roi à Venise, il fit un si grand éclat de rire qu^une toux le prit, et qu'il eut beaucoup de peine à parler à ses courtisans.

goes, et MS penaées tes plos profondes te saiiIttaieDt quelquefois comme une impression nq[)ide. Cest alors qa*U s'écrie : « Je découvre oe que J*ai longtemps inntUement cherché.... Je vols la raison deoeci....le vols beaoooap de choMS à Ufols : U font me laisser le temps de les dire. » Le génie de Montesquieu n'était pas de la trempe de ceux qui se laissent gouverner, qu'on prend, pour ainsi dire, et qu'on laisse à volonté ; il en était souvent abandonné dans les forêts de la Brède , et obsédé dans les sociétés de Paris. Montesquieu était surtout extrêmement distrait ; U n'était JamaU tùt ni d'écrire ni d'avoir écrit ce qu'U avait trouvé de plus beau dans la médltaUon : de là ces formules si fréquentes : « Pallais oublier de dire... j'ai oublié de dire... aHe dit?... » Et ces choses qu'il va oublier, qu'U a oubliées, qull n'est pas sûr d'avoir dites , sont très-souvent des pensées et des vues subUmes. Avec la douceur et la fadUté d'un enfant dans te caractère , U en avait souvent l'impatienoe , et te législateur des nattons laisse percer quelquefois cette humeur impattente : a Je suis embarrassé de tout ce que mon svjet me présente dans ce livre ;... J'écarte à droite et à gauche ; Je perce et Je me fids Jour, etc. » Ces formes, ces manières qu'on a été étonné de trouver dans un Uvre tel que VBêprU <fe« LoU, peuvent plaire beaucoup , parce qu'elles sont Texpression fidèle et Ingénue de ce que Tauteur éprouvait en écrivant, parce qu'elles nous font connaître son caractère en même temps que son génte. Fous vous aiUndUz à ne voir qu'un auteur, et vouê ne trouvez qu'un homme, (Mercure de France, du 6 avril 1784.)

■ ns coupaient la langue aux avocats, et disaient : Fipère, cttae de siffler, (Taote.) — Ce n'est pas Tacite , mais Ftorus qui rapporte cette coutume : Nihil insuUatione barbarorum intolerabiliu* , pr^cipue tamen in cauearum patronoi, JUi» ocmlot, aUis manu* amputabant; uniut o* suum, reciaa priu» Unçua, quam m manu tenenê barbaruê, tandem, inçuit : Fipera, êibilare detiiie.ÇUh. IT, ch. xn.) (CrÉv.)

> ACATBUS,Uv. lY.

3 Jvsnii,liv.XXXVm.

4 Cahmmiaê liiium, Uiid. (/6ûf.) & PrompU adiiui, novacomitat, ignotm Parihi* virtutee,

nova viiia, (Tacite.)

6 n «o a fait la description en 1596. (Recueil de$ Foyagea f«i ont aervi à rétablissement de la compagnie des Indes, Ion. m, part I, ptg. S9.)

■OHmQCIEO.

Quel est le législateur qui pourrait proposer le gouvernement populaire à des peuples pareils?

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