CHAPITRE X
Da caractère des Espagnols et de celui des Chinois.
Les divers caractères des nations sont mêlés de vertus et de vices, de bonnes et de mauvaises qualités. Les heurenx mélanges sont ceux dont il résulte de grands biens ; et souvent on ne les soupçonnerait
> Les peuples qui suivent le kan de Malaoomber, ceux de Camataca et de Coromandel , sont des peuples orgueilleux et paresseux ; ils consomment peu , parcequlls sont misérables : au lieu que les Mogols et les peuples de llndostan s'occupent cl jouissent des conmiodités de la vie , comme les Européens. {Recueil de» Foyages qui ont serti à Vitabliuement de la compagnie des Indes, tom. I, pag. 64.)
* Yoyez Dampier, tom. HI.
* Lettres édifiantes , douzième recueU , pag. 80.
pas : il y en a dont il résulte de grands maux, et qu'on ne soupçonnerait pas non plus.
La bonne foi des Espagnols a été fameuse dans tous les temps. Justin ' nous parle de leur fidélité à garder Içs dépôts ; ils ont souvent souffert la mort pour les tenir secrets. Cette fidélité qu'ils avaient autrefois, ils l'ont ehcore aujourd'hui. Toutes les nations qui commercent à Cadix confient leur fortune aux Espagnols; elles ne s'en sont jamais repenties. Mais cette qualité admirable, jointe à leur pa-» resse, forme un mélange dont il résulte des effets qui leur sont pernicieux : les peuples de l'Europe font, sous leurs yeux, tout le commerce de leur monarchie.
Le caractère des Chinois forme un autre mélange, qui est en contraste avec le caractère des Espagnols^ Leur vie précaire * fait qu'ils ont une activité prodigieuse, et un désir si excessif du gain , qu'aucune nation commerçante ne peut se fier à eux 3. Cette infidélité reconnue leur a conservé le commerce du Japon; aucun négociant d'Europe n'a osé entre^ prendre de le faire sous leur nom , quelque facilité qu'il y e(H eu à l'entreprendre par leurs provinces maritimes du nord.