‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 524 sur 975 · CHAPITRE Xin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xin

Du génie des Romains pour la marine.

Les Romains ne faisaient cas que des troupes de terre, dont l'esprit était de rester toujours fermes, de combattre au même lieu, et d'y mourir. Ils ne pouvaient estimer la pratique des gens de mer, qui se présentent au combat, fuient, reviennent, évitent toujours le danger, emploient souvent la ruse , rarement la force. Tout cela n'était point du génie des Grecs 4 , et était encore moins de celui des Romains.

Ils ne destinaient donc à la marine que ceux qui n'étaient pas des citoyens assez considérables ^ pour

' Voyez Appien I de la Guerre contre Mithridate. » Ihid.

3 Dans les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains.

* Comme Ta remarqué Platon , liv. IV des Lois,

5 POLÏBEjiv. V

DE L'ESPRIT DES LOIS

avoir place dans les légions : les gens de mer étaient ordinairement des affranchis.

Nous n'avons aujourd'hui ni la même estime pour les troupes de terre , ni le même mépris pour celles de mer. Chez les premières ', Part est diminué; chez les secondes * , il est augmenté : or, on estime les choses à proportion du degré de sufGsance qui «st requis pour les bien faire.

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