CHAPITRE U
Des mariages.
L'obligation naturelle qu'a le père de nourrir^ ses enfonts afait établir le mariage, qui déclare celui qui doit remplir cette obligation. Les peuples * dont parle Pomponîus Mêla ^ ne le fixaient que par la ressemblance.
Chez les peuples bien policés , le père est celui que les lois, par la cérémonie du mariage, ont déclaré devoir être tel 4, parce qu'elles trouvent en lui la personne qu'elles cherchent.
Cette obligation, chez les animaux, est telle que la mère peut ordinairement y suffire. Elle a beaucoup plus d'étendue chez les hommes : leurs enfants ont de la raison ; mais elle ne letir vient
> Traduction du commencement de Lucrèce , par le sieur d'Hesnaut
* Les Garamantes.
' Liv. I, chap. viu.
* Pater ut quem nuptia demonstranU
que par degrés; il ne sufiQt pas de les nourrir, il faut encore les conduire; déjà ils pourraient vivre, et ils ne peuvent pas se gouverner.
] Les conjonctions illicites contribuent peu à la
' propagation de Tespèce. Le père, qui a Tobligation naturelle de nourrir et d'élever les enfants, n'est point fixé ; et la mère, à qui Tobligation reste, trouve mille obstacles, par la bonté, les remords, la gène de son sexe, la rigueur des lois : la plupart du temps elle manque de moyens.
I Les femmes qui se sont soumises à une prostitu- ' tion publique ne peuvent avoir la conunodité d'éle- !ver leurs enfants. Les peines de cette éducation sont même incompatibles avec leur condition; et elles sont si corrompues , qu'elles ne sauraient avoir la confiance de la loi.
U suit de tout ceci que la continence publique est
^ naturellement jointe à la propagation de reiq[)èoe.