ÉTABLIS DANS CHAQUE PAYS
COIfSlOAEto DAN6 SES PaATIQmBS ET EN ELLfi-HÊlIB.
Des religions en général.
Comme on peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds, ainsi Ton peut ehercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société; celles qui, quoiqu'elles n'aient pas l'effet de mener les hommes aux félicités de l'autre vie, peuvent le plus contribuer à leur bonheur dans celle-ci.
Je n'examinerai donc les diverses religions du monde que'par rapport au bien que l'on en tire dans l'état civil , soit que je parle de celle qui a sa racine dans le cid , ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.
Comme dans cet ouvrage je ne suis point théologien, mais écrivain politique, il pourrait y avoir des choses qui ne seraient entièrement vraies que dans une façon de penser humaine , n'ayant point été considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.
A r^[ard de la vraie religion, il ne fendra que trèspeu d'équité pour voir que je n'ai jamais prétendu faire céder ses intérêts aux intérêts politiques , mais les unir : or, pour les unir, il faut les connaître.
La religion dirétienne, qui ordonne aux hommes de s'aimer, veut sans doute que chaque peuple ait le» meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles , parce qu'eUes sont , après elle , le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir.