‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 602 sur 975 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

une chose vaine les richesses, les grandeurs humaines , la douleur, les chagrins , les plaisirs , ils n'étaient occupés qu'à travailler au bonheur des honunes, à exercer les devoirs de la société; il semblait qu'ils regardassent cet esprit sacré qu'ils croyaient être en eux-mêmes comme une espèce de providence Êivorable qui veillait sur le genre humain.

Nés pour la société , ils croyaient tous que leur destin était de travailler pour elle : d'autant moins à charge que leurs récompenses étaient toutes dans eux-mêmes ; qu'heureux par leur philosophie seule , il semblait que le seul bonheur des autres pût augmenter le leur.

CHAPIlTtE XI.

De la contemplation.

Les hommes étant faits pour se conserver, pour se nourrir, pour se vêtir, et faire toutes les actions de la société, la religion ne doit pas leur donner une vie trop contemplative '.

Les mahométans deviennent spéculatifB par habitude; ils prient cinq fois le jour, et chaque fois il faut qu'ils fassent un acte par lequel ils jettent derrière leur dos tout ce qui appartient à ce monde : cela les forme à la spéculation. Ajoutez à cela cette indifférence pour toutes choses que donne le dogme

d'un destin rigide.

Si d'ailleurs d'autres causes concourent à leur inspirer le détachement, comme si la dureté du gouvernement, si les lois concernant la propriété des terres , donnent un esprit précaire, tout est perdu.

La religion des guèbres rendit autrefois le royaume de Perse florissant ; elle corrigea les mauvais effets du despotisme : la religion mahométane détruit aujourd'hui ce même empire.

Des pénitences.

11 est bon avec l'idée de

que les pénitences soient jointes | travail, non avec l'idée d'oisiveté; ;

avec l'idée du bien , non avec l'idée de l'extraordinaire; avec l'idée de frugalité, non avec l'idét d'avarice.

« Cest llnconvénieotde la doctrine de Foé et de LaocUum.

DE L'ESPRIT DES LOIS

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