LIVRE XXIV, CHAPITRE XVIL
de toile et non pas de soie, qui ont été chercher des hi^tres, qui ont agi sans consulter le chant des oiseaux : ausd ne regardenMls point conune péchés rivrognerie et le dérèglement avec les fenunes ; ils croient mène que les débauches de leurs enfants sont agréables à leurs dieux.
Lorsque la religion justifie pour une chose d'accident , elle perd inutOement le plus grand ressort qui soit parmi les hommes. On croit , chez les Indiens , que les eaux du Gange ont une vertu sanctifiante ' ; ceux qui meurent sur ses bords sont réputés exempts des peines de Tautre vie , et devoir habiter une région pleine de délices : on envoie des lieux les plus reculés des urnes pleines des cendres des morts, pour les jeter dans le Gange. Qu'importe qu'on vive vertueusement ou non? on se fera jeter dans le Gange.
L'idée d'un lieu de récompense emporte nécessairement l'idée d'un séjour de peines; et, quand on espère l'un sans craindre Tautre, }es lois civiles n'ont plus de force. Des hommes qui croient des récompenses sûres dans l'autre vie échapperont au législateur : ils auront trop de mépris pour la nM>rt. Quel moyen de contenir par les lois un homme qui croit être sûr que la plus grande peine que les magistrats lui pourront infliger ne finira dans un moment que pour commencer son bonheur?