‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 606 sur 975 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

CkMnment les lois dviles corrigent quelquefois les finisses reUglons.

Le respect pour les choses anciennes, la simplicité ou la superstition, ont quelquefois établi des mystères ou des cérémonies qui pouvaient choquer la pudeur; et de cela les exemples n'ont pas été rares dans le monde. Aristote dit que dans ce cas la loi permet que les pères de famille aillent au temple célébrer ces mystères pour leurs femmes et pour leurs enfants*. Loi civile admirable, qui conserve les mœurs contre la religion!

Auguste défendit aux jeunes gens de Tun et de Tautre sexe d'assister à aucune cérémonie nocturne, s'ils n'étaient accompagnés d'un parent plus âgé 3; et , lorsqu'il rétablit les fêtes lupercales , il ne voulut pas que les jeunes gens courussent nus 4.

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' SutmiB, in AugMitOt diap. xxu.

4 Ihid.

Comment les lois de la religicm corrigent les inconvénients de la constitution politique.

D'un autre côté, la religion peut soutenir l'état politique lorsque les lois se trouvent dans l'impuissance.

Ainsi, lorsquel'Étatest souvent agité par des guerres civiles, la religion fera beaucoup si elle établit que quelque partie de cet État reste toujours en paix. Chez les Grecs, les Éléens, comme prêtres d'Apollon, jouissaient d'une paix éternelle. Au Japon on laisse toujours en paix la ville de Méaco, qui est une ville sainte* : la religion maintient ce règlement; et cet empire, qui semble être seul sur la terre, qui n'a et qui ne veut avoir aucune ressource de la part des étrangers, a toujours dans son sein un commerce que la guerre ne mine pas.

Dans les États où les guerres ne se font pas par une délibération commune, et où les lois ne se sont laissé aucun moyen de les terminer ou de les prévenir, la religion établit des temps de paix ou de trêve pour que le peuple puisse faire les choses sans lesquelles l'État ne pourrait subsister, comme les semailles et les travaux pareils.

, Chaque année, pendant quatre mois, toute hostilité cessait entre les tribus arabes* : le moindre trouble eût été une impiété. Quand chaque seigneur faisait en France la guerre ou la paix , la religion donna des trêves qui devaient avoir lieu dans de certaines saisons.

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