‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 670 sur 975 · LIVRE XXVIII, CHAPITRE XH · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII, CHAPITRE XH

nsQges par écrit ' , et en firent des codes. Les règnes malheureux qui suivirent celui de Charlemagne, les invasions des Normands , les guerres intestines , replongèrent les nations victorieuses dans les ténèbres dont elles étaient sorties; on ne sut plus lire ni écrire. Cela fit oublier, en France et en Allemagne, les lois barbares écrites, le droit romain et les capitulaires. L'usage de récriture se conserva mieux en Italie, où régnaient les papes et les empereurs grecs , et où il y avait des villes florissantes , et presque le seul commerce qui se fît pour lors. Ce voisinage de ritalie fit que le droit romain se conserva mieux dans les contrées de la Gaule autrefois soumises aux Goths et aux Bourguignons; d'autant plus que ce droit y était une loi territoriale et une espèce de privilège. 11 y a apparence que c'est Tignorancede l'écriture qui fit tomber en Espagne les lois wisigothes. Et, par la chute de tant de lois, il se forma partout des coutumes.

Les lois personnelles tombèrent. Les compositions, et ce que l'on appelait/reda » , se réglèrent plus par la coutume que par le texte de ces lois. Ainsi, comme dans l'établissement de la monarchie on avait passé des usages des Germains à des lois écrites, on revint, quelques siècles après, des lois écrites à des usages non écrits.

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