‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 712 sur 975 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De Tesprit du I^slateur.

Je le dis , et il me semble que je n'ai fait cet ouvrage que pour le prouver : l'esprit de modération doit être oehii du législateur*; le bien politique, eomme le bien moral , se trouve toujours entre deux limites *. En voici Texemple :

Le» formalités de la justice sont nécessaires à la liberté ^, Mais le nombre en pourrait être si grand qu'il choquerait le but des lois mêmes qui les auraient établies : les affaires n'auraient point de fin; la propriété des biens resterait incertaine; on donnerait à l'une des (Murties le bien de l'autre sans examen , ou on les ruinerait toutes les deux à force d'examiner.

Les citoyens perdraient leur liberté et leur sûreté; les accusateurs n'auraient plus les moyens de eonvaincre, ni les accusés le moyen de se justifier.

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