LIVRE XXX, CHAPITRE XIV
Il était aisé que lamaltôte romaine tombât d'ellemême dans la monarchie des Francs : c'était un art très-compliqué, et qui n'entrait ni dans les idées ni dans le plan de ces peuples simples. Si les Tartares mondaient aujourd'hui l'Europe, il faudrait bien des affaires pour leur faire entendre ce que c'est qu'un financier parmi nous.
L'auteur incertain de la vie de Louis le Débonnaire, parlant des comtes et autres officiers de la nation des Francs que Charlemagne établit en Aquitaine, dit qu'il leur donna la garde de la frontière, le pouvoir militaire, et l'intendance des domaines qu! apppartenaient à la couronne ». Cela fait voir Pétat des revenus du prince dans la seconde race. Le prince avait gardé les domaines qu'il faisait valoir par ses esclaves. Mais les indictions, la capitation , et autres impôts levés du temps des empereurs sur la personne ou les biens des hommes libres, avaient été changés en une obligation de garder la frontière, ou d'aller à la guerre.
On voit , dans la même histoire * , que Louis le Débonnaire ayant été trouver son père en Allemagne, ce prince lui demanda comment il pouvait être si pauvre , lui qui était roi ; que Louis lui répondit qu'il n'était roi que de nom, et que les seigneurs tenaient presque tous ses domaines ; que Charlemagne , craignant que ce jeune prince ne perdît leur affection , sH reprenait lui-même ce qu'il avait inconsidérément donné, il envoya des commissaires pour rétablir les choses.
Les évêques écrivant à Louis , frère de Charles le Chauve , lui disaient : « Ayez soin de vos terres , « afin que vous ne soyez pas obligé de voyager sans « cesse par les maisons des ecclésiastiques , et de fa- « tiguer leurs serfs par des voitures 3. Faites en « sorte, disaient-ils encore , que vous ayez de quoi « vivre et recevoir des ambassades. » Il est visible que les revenus des rois consistaient alors dans leurs domaines 4.
mteqm*!! n'en existait mcime, puisque le titre qui aurait dû la rappeler n'eo parle pas. (D.)
■ Dons Dnehesne, tome n, page 287.
* Ibid. page 89.
* Voyes lecapitoliira de Tan 85S, art H.
* Ht levakiit encore queUpies droits sur les rivières, lorsqo*n y avait no pont on on passage. — Tous les péages n'apptffteiiaknt pas an roi , et U est très-Traisemblable qu*on n*en ooonut Pusage qu'après rétablissement des seigneuries. D*aiitout, les Mérovingiens avaient plusieurs autres branches de revenu; la plus considérable consistait en ce qu'on appelait frùiuM , ùafredum , espèce de taxe que tout homme condamné à payer «m eomposltion donnait au Juge : cette taxe était la troisième partie de la composiUon même. D faut i^outer les doos que les grands faisaient au prince en se rendant au champ de maraudons libres dans leur origine, et qui, offerts