‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 824 sur 975 · ERREUR PARTICULIÈRE DU CRITIQUE · texte numérisé non relu

ERREUR PARTICULIÈRE DU CRITIQUE

On crokaH qne le critique a joré 4e n^étre jamais a« ûût de réCal de la qaestkm, et de n'eoiendre pas im sevl des passages qv'il attaque. Toot le second chapitre da livre TÎngt-cinquièiBe roule sur les motifr plus ou moins puissants qui attachent les hommes à la conservatioa de leur religion : le critique trouve dans son imi^nation un autre chapitre qui aurait pour sujet des motifs qui obligent les hommes à passer d'une religion dans une autre. Le premier sujet emporte un état passif; le second, un état d'action : et, appliquant sur un si^t ce que l'auteur a dit sur un autre , il déraisonne tout à Bonaise.

L'auteur a dit au second article du chapitre deuxième du livre vingt^nquième: « Nous sonunes extrêmement portés à Tidolâtrie, et cependant nous ne sommes pas fort attachés aux religions idolâtres ; nous ne sommes guère portés aut idées spirituelles, et cependant nous sommes très-attachés aux religions qui nous font adorer un être spirituel. Cda vient de la satisfieu^n que nous trouvons en nous-mêmes, d'avoir été assez intelligents pour avoir choisi une reiif^n qui tôe la divinité de rhumîliation où les autres l'avaient mise. » L'auteur n'avmt fiiit cet article que pour expliquer pourquoi les mahométans et les juifs, qui n'ont pas les mêmes grftoes que nous, sont aussi invinciblement atudiés à leur religion, ^'on le sait par expérience : le critique Tentend autrement. « C'est à rorgueil , £t-il , que Ton attribue d'avoir fait passer les hommes de lldoUtrie à l'unité d'm Dieu >• • Mais il n'est question ici, ni dans tout le chapitre, d'aucun passage d^Bie religion dans une autre : et, si un chrétien sent de la satisfaction à l'idée de fa gloire et à la vue de la grandeur de Dieu , et qu'on appelle cela de l'orgueil, c'est un très-bon orgueil.

MARUGE.

Voici une autre oljection qui n^est pas commune. L'auteur a fait deux chapitres au livre vingttroisième : l'un a pour titre : des Hofnmes et des Animaux y par rapport à àt propagation de Vespéce; et Pautre est intitulé des Mariages. Dans le premier, il a dit ces paroles : « Les femelles des animaux ont à peu près une fécondité constante : mais dans Tespèce humaine, la manière de penser, le caractère, les passions, les fantaisies, les caprices, ridée de conserver sa beauté, l'embarras de la gros-

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sesse, celui d'une famille trop nonàreuie, \mbleot la propagation de mille manières. • El èni l'antre il a dit :« L'obligation naturelle qu'a le père de nourrir ses eo£uits a ûât établir le mirii^, qui dédttre celui qui doit remplir cette obfigitiQn.* On dit là-dessus : « Un chrétien rapporterait rinstitation du mariage à Dieu méoie, ^ éoeoa une compagne à Adam , et qui unit le presiier homme à la première femme par un lieu imfiflo» lubie, avant qu'ils eussent des en&nts à nooirir : mais rauteor érite tout ce qui a trait à la réréla* tion. » Il répondra qu'il est chrétien, mais qu'il n'est point imbécile; qu'il adore ces véritéi, m» qu'il ne veut point mettre à tort et à travers tootei les vérités qu'il croit. L'empereur Justimeo étaà chrétien , et son compilateur l'était aussi. Hé bieo! dans leurs livres de droit, que Ton enseigne aux jeunes gens dans les écoles, ils définissent le mariage l'union de l'homme et de la femme qui forme une société de vie individuelle'. Il' n'est jamais venu dans la tète de personne de leur reprodierde n'avoir pas parié de la révélation.

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