‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 864 sur 975 · DISTIQUE · texte numérisé non relu

DISTIQUE

SUR lA II4180N DE H. GENDRON k AUTEUIL, POSSÉDÉE AUTREFOIS PAR BOILBAU.

Apollon, dans ces lieux , prêt à nous secourir, Quitte l'art de rimer pour cdui de guérir.

t. — A M. L'ABBÉ D'OLIVET.

Je vous écris, monsieur mon dier et illustre abbé, et je voudrais fort que ce fût un moyen de ne eoD* server votre amitié , que je<»n8erverai toute ma lie autant qu'il me sera possible, parce qu'elle est pour moi d'un prix infini. Je suis assez content du s^oor de Vienne : les connaissances y sont très-aisées à faire, les grands seigneurs et les ministres trèsaccessibles : la cou r y est mêlée avec la ville ; le nombre des étrangers y est si grand, q&'on y estes même temps étranger et citoyen ; notre iangoe jest si universelle qu*elle y est presque la seule ebei les honnêtes gens , et l'italieii y est presque iautiie. Je suis persuadé que le français gagnera tous les jours dans les pays étrangers. La communlcatloo 4(s peuples y est si grande quMls ont absolument besoia d'une langue commune , et on choisira touprs notre français ; il serait aisé de deviner, si oniote^ ceptait cette lettre, que c'est un académideD qoi parle à un académicien.

M. de Richelieu est parti d'ici adoré desfemoMS, ettrès-estimé des gens sensés. Les deux plus grands hommes de lettres ^iJ y ait à Vienne sont le prince Eugène et le général Stahremberg. Si vous poorei m'envoyer deux exemplaires des Conseils de noadame deLambert^ et deux autvesdes ^^of^duczir et de M. Newton , vous me ferez plaisir. Je voudrais leur faire voir ces ouvrages , et je serais bien ais« de leur donner bonne opinion de notre France. Il faudra les remettre à IVf. Robinson, qui aura, j'espère , la bonté de les envoyer par le prenuereoarrier d'Angleterre à Vienne.

Je vous demande pardon ai je voua prie de iain pour moi cette petite avance ; mais vous auretpeut* être besoin que j'en fasse pour vous, et que je vous achète quelque chose en Allemagne et en l^ Vous ne sauriez croire dans quelle vénération M» cardinal * est dans le pays étranger. Agréez, depto» que je vous demande une grâce. Il y a quel^ jours que j'écrivais à M. le cardinal et à M. « Chauvelin, que je serais bien aise d'étie ea^^ dans les cours étrangères , et que j'avais beaucoup travaillé pour m'en rendre oapable. V<nis meferw* bien plaisir de voir là-dessus^ M. de ChanvellB, « tâcher de pénétrer dans quels sentiments il cs^^ mon égard. Je n'^ jamais eu occasion de le «o^ naître pendant qu'il a été particulier, et, d«|«tf»J*

' André-Hercule de Fteury.

n'ai pat voulu lui donner assez mauvaise opinion de moi , pour qu'il pût croire que je cherchaÎB la fortune. Cependant , je voudrais savoir si je suis un sujet agréable , ou si je dois m*dter cette idée de la tête y ce qui sera bientôt ait. Les raisons pour qu'on jette les yeux sur moi , sont que je ne suis pas plus béte qu'un autre; que j'ai ma fortune faite, et que je travaille pour Fhonneur, et non pas pour vivre; que je suis assez sociable et assez curieux pour être instruit dans quelque pays que j'aille. Adieu, mon cber abbé; je suis plus à vous qu'à moi-même.

A YieDoe, ce lo mai 1728.

je CKois que ceci doit être secret.

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