‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 865 sur 975 · AU PÈRE CERATI · texte numérisé non relu

AU PÈRE CERATI

DB Là OONCRltoATION DB l'OMTOIE« DE SAIMT-PaOIPPB,

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Teus Fhonneur de vous écrire par le courrier passé, mon révérend père ; je vous écris encore par celui-ci. Je prends du plaisir à faire tout ce qui peut vous rappeler une amitié qui m'est si chère.

J'ajoute à ce que je vous mandais sur l'affaire

que, si monseigneur Fouquet* exige au delà de la somme que j'ai paru vous fixer, vous pouvez vous étendre et donner plus , et faire, par rapport aux autres conditions, tout ce qui ne sera pas visiblement déraisonnable. Je connais ici le chevalier I^mbert, banquier fameux, qui m'a dit être en correspondance avec BeHoni. Je ferai remettre surle-diamp par hii l'argent dont vous serez convenu ; car il me parait que les volontés de M. Fouquet sont 81 ambulatoires ', qu'il ne vaut pas la peine de rien faire avant qu'elles soient fixées.

Je suis ici dans un pays qui ne ressemble guère au reste de l'Europe. Nous n'avons pas encore su le contenu du traité d'Espagne : on croit simplement

s MoBleiqaiea s'était lié aveo lai dintla maison de M. le eardlnal de PoUgnac, ambassadeur de Pranoe à {Rome, lors d« son Toyage en Italie. Bf. CeraU, né dHine fomlUe DoMe de Parme, était fort aimé da cardinal, qui le regardait comme OB des hommes les plos éclairés dltalle. Jean Gaston, dernier graad-doo de Toscane , Tattira auprès de lui , et le nomma de rordrede SalnVStienne de Toscane, et proTéditeur de Puni- Tersité de Pise.

* Jésuite revenu de la Chine arec M. Mexzabarba. Ce misdonDaire s*était déclaré contre les rites chinois , et en avait parlé an pape selon sa conscience. Comme, après cette déclaration. Il fit sentir à Sa Sainteté que i*air du collège ne lui convenait plus , Benoit xm le lit évéque inpartibus, et le logea en Propaganda. Montesquieu Pavait connu chez le carài- Dal de Polignae , et eut depuis avec lui une négociation pour la résignation en fsveur de rabbéJ>aval , son secrétaire, d*un bénéfice que ce prâat avait en Bretagne.

> Les difficultés que M. Fouquet faisait naître coup sur ooop , au s^Jet de la pension ou de la somme d*argcnt qui devait être stipulée, faisaient dire à Montesquieu que Ton voyait bien que momdgntur n*avaUpa$ encore iccoué la poumére.

qu'il ne change rien à la quodvupte amanee, si ce n'est que les six nulle hommes qui iront en Italie pour feire leur cour à don Carlos seront Espagnols, et non pas neutres. Il court ici tous les jours, comme vous savez , toutes sortes de papiers très-liWes et très-indiscrets. Il y en avait an, il y a deux ou trois semaines, dont j'ai été très en colère. M disait que M. le cardinal de Roban avait Ml venir d'Allemagne avec grand soin, pour i'usagedeses diocésains, une machine tellement faite, que 1\mi pouvait jouer aux dés, les mêler, les pousser, sans qu'ils reçussent aucune impression de la main du joueiur, lequel pouvait auparavant, par unairtillieiite, flatter ou brusquer tes dés selon l'ooeasion : ce qui établissait la fHponnerie dans des choses qui ne sont établies que pour récréer l'esprit. Je vous avoue qtili faut être bien hérétique et janséniste > pour faire de ces mauvaises plaisanteries-là^ S'il s'imprime dans l'Italie quelque ouvrage qui mérite d'être lu, je vous prie de me le faire savoir. J'ai l'honneur d'éûe avec toute sorte de tendresse et d'amitié.

De Londres, le 2i décembre 1729.

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