‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 866 sur 975 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Père Cerati, vous êtes moa bienfaiteur ; vous êtes comme Orphée : vous faites suivre les rochers. Je mande à l'abbé Duval * que je n'entends pas qu'il abuse de l'honnêteté de M. Fouquet, mais qu'il poiu*suive, et que ce qui reviendra soit partagé à l'amiable entre monseigneur et lui.

Enfin Rome est délivrée de la basse tyrannie de Bénévent, et les rênes du pontificat ne sont plus tenues par ces viles mains. Tous ces faquins, Sainte- Marie à leur tête, sont retournés, dans les chaumières où fissent nés, entretenir leurs parentade leur ancienne insolence. Coscia n'auiâ plus pour lui que son argent et sa goutte. On pendra tous les Bénéventins qui ont volé, afin que la prophétie s'accomplisse sur Bénévent : F^ox in Bama audita est; Rcichel plo^ ransfiUos suos nohdt cansolari, quia non sunt, (Matt. n,lô.)

I Ce qui avait donné Ueu à cette mauvaise plaisanterie des Anglais était de voir autant d*empres8ement dans le cardinal de Rohan à se procurer tous les amusements Imaginables pendant qu*U résidait dans son diocèse à SavemCt où il ligurait comme prince, que de zèle pour la religion à Paris , où U se piquait de figurer comme cbef des aotyansénlstes. et défenseur de la bonne doctrine.

> n avait été secrétaire de Montesquieu. Ce fût lui qui porta le manuscrit des Lettres Persane* en Hollande, et l*y fit imprimer; ce qui coûta à leur auteur beaucoup de frais sans aucun profit II obtint en sa faveur la râsignaUon du bé* néfice que M. Fouquet avait obtenu de lacoor de Rome, en Bretagne; et 11 s^agisisUici de Targent ou de U peofiioa qus M. Duval devait payer à ce prélat

Donnez-nouft un pape qui ait un glaive comme saint Paul, non pas un rosaire comme saint Dominique , ou une besace comme saint François. Sortez de votre léthargie : Exoriare aUquis. N'avez-vous point de honte de nous montrer cette vieille chaire de saint Pierre avec le dos rompu, et pleine de vermoulure? Voulez-vous qu*on regarde votre coffire, où sont tant de ridiesses spirituelles, comme une botte d*orviétan ou de mithridate? En vérité , vous ùites uabel usage de votre infaillibilité : vous vous en servez pour prouver que le livre deQuesnel ne vaut rien, et vous ne vous en servez pas pour décider que les prétentions de Fempereur sur Parme et Plaisance sont mauvaibcs. Votre triple couronne ressemble à cette couronne de laurier que mettait César, pour empêcher qu'on ne vtt qu'il était chauve. Mes adorations à M. le cardinal de Polignac. Je fus reçu il y a trois jours membre de la société royale de Londres. On y parla d'une lettre de M. Thomas Dhisam à son frère, qui demandait le sentiment delà société sur les découvertes astromoniques de M. Bianchini. Embrassez, s'il vous plait, de ma part, l'abbé, le cher abbé Niccollni. Je vous salue, cher père, de tout mon cœur.

De Londres, le 1*' mars 1730.

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