‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 874 sur 975 · A L'ABBÉ DE GUASCO · texte numérisé non relu

A L'ABBÉ DE GUASCO

L'abbé Venuti m'a fait part , mon cher abbé , de l'affliction que vous a causée la mort de votre ami le prince Gantemir, et du projet c[ue vous avez formé de faire un voyage dans nos provinces méridionales ^ur rétablir votre santé. Vous trouverez partout des amis pour remplacer celui que vous avez perdu; mais la Russie ne remplacera pas si aisément un ambassadeur du mérite du prince Gantemir. Or je me joins à l'abbé Venuti pour vous presser d'exécuter votre projet : l'air, les raisins , le vin des bords def la Garonne, et l'humeur des Gascons, sont d'excellents antidotes contre la mélancolie. Je me fais une fête de vous mener à ma campagne de la Brède, où vous trouverez un château , gothique à la vérité , mais orné de dehors charmants, dont j'ai pris l'idée en Angleterre. Gomme vous avez du goût, je vous consulterai sur les choses que j'entends ajouter à ce qui est déjàfait ; mais je vous consulterai surtout sur mon grand ouvrage ', qui avance à pas de géant depuis que je ne suis plus dissipé par les dîners et les soupers de Paris. Mon estomac s'en trouve aussi mieux ; et j'espère que la sobriété avec laquelle vous vivrez chez moi sera le meilleur spécifique contre vos ineonunodités. J[e vous attends donc cet automne, très-empressé de vous embrasser.

De Bordetox , le l*' aoAt Hià

VBtprit des Loh.

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