‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 873 sur 975 · AU œMTE DE GUASCO-, couhhl B'mrAirrEiUB · texte numérisé non relu

AU œMTE DE GUASCO-, couhhl B'mrAirrEiUB

J'ai été enchanté , monsieur le comte , de recevoir une marque de votre souvenir par la lettre que m'a envoyée monsieur votre frère. Madame de Tencin * et les autres personnes auxquelles j'ai £iit vos compliments me chargent de vous témoigner aussi leur sensibilité et leur reconnaissance. Je suis ffehé de ne pouvoir satisfaire votre curiosité touchant les ouvrages de notre amie : c'est un secret' que j'ai promis de ne point révéler.

congé de lui en partant de Turin, sans lui dire qaH ea étÊii Tauteur. U le lui apprit depuis, en lui disant que c^étalt «m Idée à laquelle la société de mademoiselle de CUermont , prisoesse du sang, qu*ll avait llionueur de fîréquenter, arait daiiiké occasion , sans d^autre but que de faire une peintore poéfique de la volupté.

* Montesquieu s*était fort lié avec le comte de G«uboo dans le voyage que œlaKol Ml à Paria en 174S, à aoa reloar 4e Russie.

* Madame deTendn,sorar du célèbre cardinal deTenda, qui lui devait sa fortune et son chiqieau , figura branrnip dans Paris par les charmes de sa beauté et de son esprit Elle fut pendant cinq ans religieuse dans le couvent de Montfleorj, en Daupbiné; mais elle rentra dans le monde, en rédnaaA contre ses vorax. Elle parvint , sans être Jamais fort rkiie, à avoir dans Paris une maison de la melUenre oompi^pile. B était du bon ton d'être admis dans sa société : lea de la cour, les gens de lettres , et les étrangers les phis du gués, briguaient également pou^ y être introduits. ceux qui faisaient le fond or^naire de cette société éUiat les beaux-esprits et les savants les plus connus en Francse, madame de Tencin les appelait, par Ironie, tes bêtes. Elle élril souvent consultée par eux sur les ouvrages d^agrémetit qv^w voulait publier, et sMntéressalt avec chaleur pour-Ks amis. Montesquieu , qui était un de ceux qn>Ue considérait le ptai, en avait procuré la connaissance au comte de Goasoo, fMre de i'abbé de ce nom.

* Le jour de la mort de madame de T^ndn, en ioitant di son anUcbambre, Montesquieu dit à Pabbé de Gnaaeo, qri était avec hil : n A présent vous pouvet maAder à « sieur votre frfere que madame de Tencin est Paateor « Comte de Camminget et du $ié^ «Ce CaUtiê, « qu'elle a faits en société avec M. de Pont-de-Ypyle(soii w^ « veu). Je crois quMI n'y a que M. de FonteneUe et moi qui H sachions ce secret. »

Elle comptait parmi ses amis FonteneUe, Benoit XIT, et

lettres;

La eonGanoe dont vobs m^honorez exige que je voas parle à cœur ouvert sur ce qui fait le styet intéressaot de votre lettre, le ne dois point vous cacher que jeraicommumquée à M. le commandeur de Solar, qui est de vos amis ; et nous nous sommes trouvés d'accord que les offres que vous fait M. de Belle-Isle pour vous attacher, vous et monsieur votre frère, au service de France, ne sont point acceptables. Après tout le bien que les lettres de M. de la Chétardie lui ont dit de vous, il est inconcevable qu*il ait pu se flatter de vous retenir en vous proposant des grades au-dessous de ceux que vous avez. Je ne sais sur quoi il fonde que Ton ne considère pas tout à fait en France les grades du service étranger comme ceux de nos troupes. Cette maxime ne serait ni juste ni obligeante, et nous priverait de fort bons officiers. Je pense que vous avez très-bien fait de ne point vous engager dans son expédition avant que d*avoir de bonnes assurances de la cour sur les conditions qui vous conviennent; mais, puisqu'il paraît que vous êtes déjà décidé pour le refus , il est inutile de vous présenter ici d'autres réflexions.

Les propositions du ministre de Prusse pour la levée d'un régiment étranger méritent sans doute plus d'attention dès qu'elles peuvent se combiner avec vos finances. Mais il faut calculer pour l'avenir : queUe assurance qu'à la paix le régiment ne soit point réformé? et , en ce cas , quel dédonunagement pour les avances que vous seriez obligé de faire? En matière d'intérêt , il faut bien stipuler avec cette cour. Je doute d'ailleurs que le génie italien s'accommode avec l'esprit du service prussien : j'aurais bien des choses à vous dire là-dessus ; mais vous êtes trop clairvoyant.

A l'égard des avantages que Ton vous fait entrevoir au service du nouvel empereur, vous êtes plus à portée que moi de juger de leur solidité, et trop sage pour vous laisser éblouir. Pour moi , qui ne suis pas encore bien persuadé de la stabilité du nouveau système politique d'Allemagne, je ne fonderais pas mes espérances sur une fortune précaire et peut-être passagère. Par ce que j'ai l'honneur de TOUS dire, vous sentez que je ne puis qu'approuver la préférence que vous donneriez à des engagemeots pour le service d'Autriche. Outre que c'est là votre première inclination , l'exemple de nombre de vos compatriotes vous prouve que c'est le service naturel de votre nation. Quels que soient les revers actuels de la cour de Vienne, je ne les regarde que comme des disgrâces passagères : car

IffooteiqiiiefL Elle avait lait les Malheur» de r amour, et les jénecdote$ tt Edouard II.

une grande et ancienne puissance qui a des forces naturelles et intrinsèques ne saurait tomber tout à coup. En supposant même quelques échecs, le service y sera toujours plus solide que celui d'une puissance naissante. Il y a tout à parier que la cour de Turin, dans la- guerre présente , fera cause commune avec celle de Vienne; par conséquent les raisons qui vous détournèrent ,,en quittant le Piémont , de passer au service autrichien , cessent dans les circonstances présentes. Je ne vois pas même de meilleur moyen de vous moquer de l'inimitié du marquis d'Orméaque de servir une cour alliée , dans laquelle, en considérant ce qui s'est passé autrefois , il ne doit pas avoir beaucoup de crédit. Vous êtes prudent et sage ; ainsi je soumets à votre jugement des conjectures auxquelles le désir sincère de vos avantages a peut-être autant de part que la raison, rapprendrai avec bien du plaisir le parti que vous aurez pris ; et j'ai l'honneur de vous assurer de mon respect.

A Franefort.... I74S.

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