‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 89 sur 975 · ZACHI A USBEK · texte numérisé non relu

ZACHI A USBEK

A Paris.

0 ciel! an barbare m'a outragée jusque dans la naaière de me punir ! il m'a infligé ce châtiment qui commence par alarmer la pudeur , ce châtiment qui met dans r humiliation extrême; ce châtiment qui ramène , pour ainsi dire , à l'enfance.

lloQ âme , d'abord anéantie sous la honte , repre- Raitle sentiment d'elle-même, et commençait à s'indigner,lorsque mes cris firent retentûr les voûtes de mes appartements. On m'entendit demander grâce m plus vil de tous les humains, et tenter sa pitié à mmm qu'il était plus inexorable.

DepoàM ce tmnps , son âme insolente et servile s'est âerée sur la mioine. Sa présence, ses regards, lei paroles , tous les malheurs viennent m'accabler . (^land je sois seule, j'ai du moins la consolation de des larmes; mais lorsqu'il s'offre à ma vue ,

la fureur me saisit; je la trouve impuissante, et je tombe dans le désespoir.

Le tigre ose me dire que tu es l'auteur de toutes ces barbaries. Il voulait m*ôter mon amour, et profaner jusques aux sentiments de mon cœur. Quand il me prononce le nom de celui que j'aime, je ne sais plus me plaindre : je ne puis plus que mourir

J'ai soutenu ton absence , et j'ai conservé mon amour par la force de mon amour. Les nuits, les jours, les moments, tput a été pour toi. J'étais superbe de mon amour même; et le tien me faisait respecter ici. Mais à présent.... Pïon , je ne puis plus soutenir l'humiliation où je suis descendue. Si je suis Innocente, reviens pour m'aimer; reviens , si je suis coupable , pour que j'expire à tes

pieds.

D«i8éraUdlspabaD,le9de]aUiDedeMaharram, i7ao.

LETTRE CLVni.

ZÉLIS A USBEK

A Paris.

A mille lieues de moi , vous méjugez coupable! à mille lieues de moi , vous me punissez !

Qu'un eunuque barbare porte sur moi ses viles mains , il agit par votre ordre : c'est le tyran qui m'outrage, et non pas celui qui exerce la tyrannie.

Vous pouvez, à votre fantaisie, redoubler vos mauvais traitements. Mon cœur est tranquille depuis qu'il ne peut plus vous aimer. Votre âme se dégrade, et vous devenez cruel. Soyez sûr que vous n'êtes point heureux. Adieu.

DaséraUdlspahaiiyleadelalanedeMaharrain, I710.

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