‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 890 sur 975 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Je vous demande pardon de vous avoir donné de (au8M8 espérances de mSà retour ; des affaires que f aï id m*oat empêché de partir comme je Tavais pn>ielé. Je suis aussi en Tair que vous. Je serai pourtant au commencement de mars à Bordeaux* Faites, enattendant, bien ma cour à la charmante comtesse de Pontac, chez qui je crois que vous êtes à pissent, et d*où j*espère que vous descendrez à Bordeaux, où nous disputerons politique et théologie. J'env«rrai le livre à M. le Nain. Je peux bien envoyer un roman * à un conseiller d*Êtat : à vous, il faut les Pensées de M. Pascal \ quoique dix-huit ou vingt dames que le prince de Wurtemberg m'a dit que vous avez sur votre compte en Languedoc et en Provence vous auront sans doute beaucoup changé, et rendu pius croyant touchant les aventures galantes. Vous ferez comme cet ermite que le d iable damna en hn montrant un petit soulier ; car je vous ai toujours vu enclin aux belles passions , et je suis persuadé que dans votre dévotion vous enragiez de bon coeur; mais il faudra vous divertir à Bordeaux , et je chargerai ma belle-fille d*avoir soin de vous. Je vis l'autre jour M. de Boze , avec qui je pariai beaucoup de vous. Quand vous serez ici , vous entrerez à l'académie par la porte cochère ; mais je TOUS conseille d'écrire encore sur le sujet du prix proposé pour l'année prochaine. Comme ce sujet tient à celui que vous avez traité * , et que vous tenez le fil desrègnes précédents, vous!trouverez moins de difficultés dans vos nouvelles recherches. Si les Mémoires sur lesquels je travaillai l'Histoire de Ltnds XI n'avaient point été brûlés 3, j'aurais pu vous fournir quelque chose sur ce sujet.

Si vous remportez ce troisième prix, vous n'aurez besoin de personne, et votre réception n'en sera que plus glorieuse. Vous aurez tant de loisir que TOUS voudrez à Clérac et à la Brède, où les voya-

■ Lt Temple de Gnide, qu*U lui ataU fait denaoder.

' LtM()et proposé était Tintai deê ieiiret em France eùtale réf M tftf LoMM 1/. Le oooMil de Montetqaieu ayant été Mil vi , MoeoneqioadaQt remporta oa traltièflM prix à J*Académie.

* ÀHMaueqvIloonpoMiit, U Jetait aafea les roémoires dont il avait lait nuige. Maia aon lecrétaire fit un sacrifice plus cffod anx flammea : ayant ntA compris ce que Montesquieu loi dit, de jeter au feu le brouillon de aon Hitloire de Louis Jil, dont U Yenait de terminer la lecture de la copie tirée au net, U jeta celle-d au feu; et l^auteur, ayant trouvé en se levant le brouUloo sur la table, crut que le secrétaire atait oubUé de le brûler, et le Jeta aussi au lieu : ce qui nous a privés de l*histoire d\ui règne des plus intéressants de b monarchie française, écrite par la plume la plus capable de le faire connaître. Le malheur n'est point arrivé dans sa dernière maladie , comme Ta avancé Fréron dans ses feuilles périodiques ,

ges ■ et les dames ne vous distrairont plus. Vous êtes en haleine dans cette carrière, et vous y trouverez plus de facilité qu'un autre. Adieu; je vous embrasse mille fois.

De Paris , le lo oetobce 1747.

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