‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1015 sur 1093 · PRUSIAS, FLAMINIUS, LAODICE · texte numérisé non relu

PRUSIAS, FLAMINIUS, LAODICE

PRUSIAS

Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes , Sa perte vous devrait donner quelques alarmes ^ : Qui tranche trop du roi ne règne pas longtemps?.

à r.lutre. Ce n'est pas assez qu'on vous entende, il faut qu'on ne puisse pas vous entendre autrement. (V.)

« Des raiso7is d'État plus fortes que des nœuds, qui trouvent le moyen d'éteindre les feux de ces nœuds. Il faut renoncer à écrire quand on écrit de ce style. (V.) — Ce style sans doute est vicieux ; mais Voltaire semble prendre plaisir à l'obscurcir encore. Certainement Corneille n'a pu ni voulu dire les feux de ces nœuds ; il a voulu parler des feux de l'amour, qui doivent en effet s'éteindre lorsque l'amour lui-même est forcé de céder aux raisons d'État. Le mot amour n'est pas assez éloigné pour qu'on puisse se méprendre au sens de Corneille. (P.)

* Et ce vers et l'idée qu'il présente appartiennent absolument à la comédie. Ce comme revient presque toujours. C'est un style trop incorrect , trop négligé , trop làclie , et qu'il ne faut jamais se permettre. (V.)

i 11 semble qu'il appelle ici la reine Laodice sa grandeur, comme on dit sa majesté, son altesse. (V.)

4 Le pronom elle se rapporte à Rome, qui est le dernier nom. La construction d\i, puisque Rome est en 7ios mains; et l'auleur veut dire, puisque Laodice est en nos mains. (V.)

5 Ces deux vers sont trop mal construits. Le mot de compliment ne se peut recevoir dans la tragédie s'il n'est ennobli par une épilhète : pour le mot de civilité, il ne doit jamais entrer dans le style héroïaue. Mais ce qui ne peut jamais être eoaobli, c'est le rôle de Prusias. (V.)

6 L'auteur n'exprime pas sa pensée ; il veut dire, vous devriez craindre de le perdre : mais sa perte signifie qu'elle l'a déjà perdu ; or, une perte donne des regrets, et non des alarmes. (V.)

7 Cette manière de s'exprimer n'appartient plus qu'au comi

LAODICE

J'observerai , seigneur, ces avis importants ; Et , si jamais je règne, on verra la pratique D'une si salutaire et noble politique.

PRUSIAS

Vous vous mettez fort mal au chemin de régner ' .

Seigneur , si je m'égare , on peut me l'enseigner.

PRUSIAS

Vous inéprisez trop Rome, et vous devriez faire ' Plus d'estiine d'un roi qui vous tient lieu de père.

LAODICE

Vous verriez qu'à tous deux je rends ce que je dois , Si vous vouliez mieux voir ce que c'est qu'être roi.

Recevoir ambassade en qualité de reine , Ce serait à vos yeux faire la souveraine. Entreprendre sur vous , et dedans votre Etat Sur votre autorité commettre un attentat ^ : Je la refuse donc, seigneur , et me dénie L'honneur qui ne m'est diî que dans mon Ariuénie. C'est là que sur mon trône avec plus de splendeur .le puis honorer Rome en son ambassadeur. Faire réponse en reine , et comme le mérite Et de qui l'on me parle , et qui m'en sollicite. Ici c'est un métier que je n'entends pas bien 4 Car hors de l'Arménie enfin je ne suis rien * ; Et ce grand nom de reine ailleurs ne m'autorise

que ; d'ailleurs un roi qui sait gouverner peut trancher du roi et régner longtemps. (V.)

' Chemin derégnernefeal se dire. Toutes ces façons de parler sont trop basses. (V.)

2 fous devriez faire à la lin d'un vers , et plus d'estime au commencementde l'autre, est cequ'on appelle un enjambement vicieux. Cela n'est pas permis dans la poésie héroïque. Nous avons jusqu'ici négligé de remarquer cette faute : le lecteur la remarquera aisément partout où elle se trouve. Nous avons déjà observé que /aire estime , faire plus d'estime, n'est pas français. (V.)

3 Ces petites discusions, ces subtilités politiques sont toujours très-froides : d'ailleurs elle peut fort bien négocier avec Flaminiuscbez Prusias, qui lui sert de tuteur; et en effet elle lui parle en particulier le moment d'après. (V.)

4 Le mot métier ne peut être admis qu'avec une expression qui le forlilie, comme le métier des armes. Il est heureusement employé par Racine dans le sens le plus bas ; Atlialiedit à Joas :

Laissez là cet liabit , quittez ce vil métier.

On ne peut exprimer plus fortement le mépris de cette reine pour le sacerdoce des Juifs. (V.)

5 Si elle 'n'estrien hors de l'Arménie, pourquoi dit-elle tant de fois qu'elle conserve toujours le titre et la dignité de reine, qu'on ne peut lui ravir? Être reine et en tenir le rang , c'est être quelque chose. Corneille n'aurait-il pas mis , hors de l'Arménie je ne puis ne« .■' alors cette phrase et celles qui la suivent deviennent claires : Je ne puis rien ici, mais je n'y conserve pas moins le titre de reine , et en cette qualité je ne connais de véritables souverains que les dieux. (V.)- Elle en conserve le titre et la dignité, qu'on ne peut lui ravir, mais non le pouvoir. Il n'y a point là de contradiction. (P.)

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