‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1019 sur 1093 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

NICOMÈDE', LAODICE, FLAMIINIUS.

Ou Rome à ses agents donne un pouvoir bien large, Ou vous êtes bien long à faire votre charge '.

FLAMINILS.

Je sais quel est mon ordre ; et, si jen sors ou non , C'est à d'autres qu'à vous que j'en rendrai raison.

NICOMÈDi:.

Allez-y donc , de grâce , et laissez à ma flamme Le bonheur à son tour d'entretenir madame ' : Vous avez dans son cœur fait de si grands progrès , Et vos discours pour elle ont de si grands attraits , Que sans de graiids efforts je n'y pourrai détruire Ce que votre harangue y voulait introduire.

FLAMTNIUS.

Les malheurs oii la plonge une indigne amitié Me faisaient lui donner un conseil par pitié ^.

Lui donner de la sorte un conseil charitable , C'est être ambassadeur et tendre et pitoyable i.

sont pas là non plus a leur place. Un ambassadeur ne doit pas parler en poète, un poêle même ne doit pas dire que son sénat est composé de dieux, que les rois sont des profanes, et que l'ombre du Capilole (il Irembler Annibal. Un très-grand défaut encore est ce mélange d'enflure et de familiarité : Quclqucstins vous diront au besoin quels dieux du haut en bas renversent les profanes! Ce style est eulièrement vicieux. (V.) — Où Voltaire prend-il que Flaminius veut parler du sénat de Rome, lorsqu'il dit que les dieux renversent les profanes qui osent se promettre d'asservir le Capitole? Il parle évidemment des dieux à qui le Capilole était dédie , de ces dieux prolecteurs qui le défendirent contre les Caulois lorsque ces barbares se croyaient diyà maîtres de Rome. Par une ligin-e hardie, et qui tient même du sujjliiuc, il suppose qu'après les journées malheureuses de Trébie et de Cannes, l'ombre seule de ce Capitole, si révéré des Romains, suflit pour effrayer Annibal, qui vérilablement, malgré ses victoires , n'osa s'avancer au delà de Capoue. (P.)

' Ces deux vers , que leur ridicule a rendus fameux , ont élc, aussi corrigés par les comédiens. Ce n'est plus ici une ironie qui peut quelquefois élre ennoblie ; c'est une plaisanterie basse, absolument indigne de la tragédie et de la comédie. (V.)

2 i.nisscz à roa flamme

Le lionbeur ù son tour d'entretenir madunie,

est du comi(|ue le plus négligé. (V.)

3 Flaminius , (|iii se donne pour un ambassadeur prudent , ne doit pas dire (|u'un honnne tel (|uc INicomrdc n'est pas digne du l'amitié de l.aodice. H n'a eerlainenient aucune espérance de brouiller ces deux amants : par (•()iise()iient sa scène avec Laodice était inulile, et il ne reste ici avec INieoinede que pour en recevoir des nasardes. Quel ambassadeur! (V.)

• Le moi pitoyable t,\)niitm{ alors compalissani , nnssi bjcft

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