‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1024 sur 1093 · ARSINOÉ, ATTALE · texte numérisé non relu

ARSINOÉ, ATTALE

ARSINOÉ

Nous triomphons , Attale ; et ce grand Nicomède Voit quelle digne issue à ses fourbes succède '. T-es deux accusateurs que lui-môme a produits. Que pour l'assassiner je dois avoir séduits, Pour me calomnier subornés par lui-même, N'ont su bien soutenir un si noir stratagème . Tous deux m'ont accusée , et tous deux avoué

' Le roi s'ennuie n'est pas bien noble ; et on est étonné peutêtre qu'Araspe , un simple officier, parle d'une manière si pressante à un prince tel que Nicomède. (V.)

^ Cette interrogation , qui ressemble au style de la comédie , n'est évidemment placée en cet endroit que pour amener les trois vers suivants , qui répondent en écho aux trois autres. On trouve fréquemment des exemples de ces répétitions, elles ne sont plus souffertes aujourd'hui. Ce mais est intolérable. (V.)

^ Cette fausse accusation, ménagée par Arsinoé, n'est pas sans quelque habileté , mais elle est sans noblesse et sans tragique ; et Arsinoé est plus basse encore que Prusias. Pourquoi les petits moyens déplaisent-ils , tandis que les grands crimes font tant d'effet? c'est que les uns inspirent la terreur, les autres le mépris; c'est parla même raison qu'on aime h entendre parler d'un grand conquérant plutôt que d'un voleur ordinaire. Ce tour qu'on a joué met le comble à ce défaut. Arsinoé n'est qu'une bourgeoise qui accuse son beau-tils d'une friponnerie, pour mieux marier son propre lils. (V.)

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